Au matin du quatrième jour, j'étais un peu fatiguée. La soirée de la veille avait été éprouvante. Mais pour mon bonheur, c'était le jour de la conférence, qui commençait tard dans la matinée. Donc, avant la conférence, quartier libre. Direction Pier 39.
C'était un jour de brume. Pour une fois, je n'étais pas trop dépaysée. Nous avons longé la mer et les docks, passant à côté du Bay bridge (l'autre pont de san Francisco.)

Le pier 39 est un endroit très sympa pour faire du shopping.

Moi, ça m'a rappellé Disney Land Resort Paris. Tout est en bois (comme un peu partout à SFO) et respire le flambant neuf. Je reviendrai sur ce sujet plus tard. En attendant, l'attraction principale de Pier 39 est un groupe de Sea Lions, installés sur des pontons.

Ils sont arrivés là un jour et n'en sont plus repartis. Ils se font des câlins, poussent des cris pour amuser les touristes, et reçoivent de la nourriture de la part des restaux et des pêcheurs. La belle vie, quoi !


De là, on pouvait aussi voir Alcatraz (oui, on a fait les touristes !)

Et la city, un fantôme, dans un silence que seules trahissaient les mouettes. C'est là que je me suis rendue compte que c'était bruyant en ville.

Ensuite, nous sommes allés jusqu'au grand hôtel réservé pour notre conférence. Hauts plafonds, moulures, marbre, lustres en cristal. Très chic. Il parait qu'un président s'est fait tiré dessus en sortant de cet hôtel (c'est toujours bon à savoir !)
La journée fut longue, ponctuée de présentations. Ce soir-là, épuisée, je suis rentrée me coucher, refusant la sortie en boite de nuit.
Je vous rassure, ce n'était que partie remise.
En attendant deux autres photos, prises ce jour-là (pour le plaisir !) :


Au troisième jour, j'étais en confiance. J'avais fait connaissance, pris mes marques, amélioré mon débit en anglais (sacrifiant l'accent à la compréhension), et j'avais adopté une tenue décontractée, assortie d'une petite veste en velours cotelé très cosy.
Après une matinée remplie de meetings (réunions), mon chef M. me propose une pause déjeuner comme il en fait régulièrement avec D. Il teste un peu le terrain, se demandant s'il n'aurait pas mieux fait de m'inviter au restau, mais au contraire, je trouve l'idée très sympa. Il m'emmène donc avec D. chez un petit mexicain dans une rue pas loin. Il s'excuse parce qu'il faut marcher, mais comme j'ai prévu les baskets, je le rassure en lui disant que j'adore marcher, surtout quand je suis à l'étranger (ce n'est pas pareil derrière les vitres d'une voiture).
Toute contente, je découvre qu'il y a pas mal d'épiceries de quartier (je pensais qu'à part le star buck d'en bas, il n'y aurait pas de magasin de proximité.)
De tout mon séjour, c'est ce midi-là où j'ai le mieux mangé. La photo est floue, mais je vous jure, c'était un pur régal :

Avec M. et D., nous nous installons ensuite près du terrain de Baseball, qui se trouve juste derrière la tour de verre de notre company.

C'est calme, il fait beau et très vite des joueurs viennent échanger quelques balles. C'est à regret que je quitte la table de pique-nique, après un déjeuner charmant, décontracté où j'ai même réussi à placer quelques blagues en anglais. Mon chef M. est ravi. Lui et D. ne cessent de dire que je suis "so gracious" et je soupçonne que mon accent y est pour quelque chose.
L'après-midi passe très vite car à 5:00 pm, tous les tech. writers se réunissent. J'étais au courant qu'il y avait une party de prévue en mon honneur (j'avais amené un grand vin pour l'occasion), mais je m'attendais à un pot dans l'immense cuisine de la boîte... et pas à ça...
M. répartit les tech writers dans les voitures. Nous partons pour Twin Peaks chez sa mère. La maison se trouve tout en haut d'une colline. C'est simple quand on passe dans la rue, on ne voit que des doubles ou triples portes de garage, noyées dans la verdure.
Vous allez me dire, double ou triple porte de garage, aux Etats-unis ce n'est pas étonnant. Mais en 3 jours passés là-bas, la plupart des maisons de SFO que j'ai vues sur les autres collines, c'était plutôt, collées les unes aux autres, avec 1 m de pelouse entre chaque, sans d'arbre, et visible dans leur intégralité, avec un garage et une allée pour la 2eme voiture.
La maison de la mère de M. n'échappe pas à la règle. On ne la voit pas bien de la rue, et en longeant son flanc de bois, je la trouve interminable. Je rentre avec tout le monde, plutôt impressionnée par ce que je vois en premier: le piano à queue dans la salle de musique ouverte sur la salle à manger cuisine américaine, avec patiot fontaine, et terrasses.
Arrivée sur la terrasse principale, j'hallucine devant le jardin paysager et les eucalyptus.

Mais je me ressaisis vite. Mes collègues ont prévu une fête, il faut que je fasse honneur. En effet M. m'a préparé une dégustation de vin californien. Les meilleurs que j'ai bus là-bas. Bien sûr, j'ai tout goûté (je suis polie !). Lorsque je lui offre ma bouteille, à son regard ravi je vois que j'ai touché dans le mile, ce qui me réjouit, car après tous les efforts qu'il fait, j'ai vraiment envie de lui faire plaisir.
Le must du moment à SFO, ce sont les apéritifs dinatoires aux fromages. J'avoue que sur le coup, je suis dubitative, mais en apercevant le plateau, je suis assez surprise: on ne dirait pas qu'ils sont pasteurisés, et en les goutant, je découvre qu'ils ont fort bon goût.

Tout en conversant agréablement, je complimente M. et sa mère sur la beauté de la maison. Là j'apprends que tout le monde ne vit pas dans ce genre de maison (ouf!) et que les parents de M. l'ont achetée à un prix raisonnable il y a assez longtemps. La mère de M. me trouve charmante elle aussi, car j'ai remarqué les tableaux un peu partout, tous d'elle (elle est artiste, eh oui !)
Elle me fait visiter la maison aux pièces innombrables. Plusieurs chambres ont leur jardin privé, chacune a sa salle de bain... Je suis dans mes petits souliers. Mon hôte insiste pour que je prenne des photos. Je ne vous montrerai qu'une de l'intérieur, la chambre de son room mate, qui expose à Cuba et se trouve donc absent. Le tableau est de lui.

En remontant, je retrouve mes collègues ébahis devant des photos originales d'Eléonore Roosevelt, une tantine de la famille... Puis on m'entraine au jardin. C'est sympa comme tout (et je pense avec honte à mes 100 m² de pelouse mal entretenue...)

La maison disparait dans la verdure. Mais ça donne une idée quand même... Au fond du jardin m'attend une autre surprise.
Ca.

Vous le croyez ? Je suis en plein dans San Francisco, au bord d'une faille. Et tout autour, sur les bords des falaises avoisinantes, on devine les habitations qui dévalent les autres versants jusqu'en ville. Là, ces immeubles sont les logements pour les moins favorisés.

Sur le chemin du retour, avec le colley de M. qui gambade autour de nous, je suis dans le coton. Cet ilôt de nature dans la ville m'a bouleversée.
J'accepte la vodka-martini-olive que la mère de M. m'a préparée pendant ma balade, elle me dit que je ne peux pas partir sans boire avec elle son cocktail préféré. Je trinque, je me sens un peu James Bond.
La soirée n'est pas finie. Avec mes collègues les plus proches, direction la city pour un dîner dans un restau prestigieux, the House (tous mes autres collègues ouvriront des grands yeux le lendemain.) Pas moyen de payer ma part au restau (pourtant, ma boîte me rembourse.)

The House est bondé. C'est hype. C'est chic. Et à la sortie, je vois enfin la pyramide éclairée.

Quand je me couche, je me dis : vivement demain.
ps: je n'arrive pas à mettre en page. Désolée pour les photos mal cadrées, je réparerai plus tard.
Pour mon premier jour de travail, à Daly City, une bourgade collée à SFO, je me suis mise sur mon trente et un. Désireuse de faire une bonne impression, j'ai sorti le petit tailleur un brin chic, mais je n'ai pas mis de chemise, pensant ainsi garder un petit air décontractée.
Mais voilà, sans le savoir, je m'étais travestie en executive woman du dernier étage, quand moi j'appartenais à l'avant dernier étage (comprenez, la main do'euvre ordinaire de l'entreprise.)
J'ai bien compris que j'avais gaffé au regard surpris de mes collègues. Dès le lendemain me suis-je alors promise, je sors le pantalon de toile et les T-shirts... Comme tout le monde à cet étage.
J'ai eu droit à un box rien que pour moi, j'ai visité les locaux, spacieux avec leur grande cafétéria et leur cuisine dernier cri, immense. J'ai serré des mains, discuté beaucoup, avec le poids du décalage horaire qui pesait, de plus en plus lourd, sur mes épaules.
Vous le comprendrez, le deuxième jour fut un jour de travail. La tour de verre m'a avalée vers 8:00 am, recrachée à 7:00 pm, parfaitement lessivée mais ravie que cela se soit bien passé.
Pour fêter cette première journée, des frenchies installés à SFO m'ont embarquée avec mes collègues boire un verre. Direction la city, maisons de bois, grandes voies, 4x4 et palmiers.

La plaque d'immatriculation de l'un deux nous a beaucoup fait rire.

Aux USA, on ne lésine pas sur les quantités. Le mojito ne coute pas plus cher qu'en France, mais il est servi en pinte. Pas une once de fumée, une ambiance sympa. J'en ai bu deux (l'alcool, c'est bon pour le sommeil.)
Je me suis endormie dans la voiture, au retour, après le restau.
Au lendemain matin, je me suis rendue compte que mes photos étaient toutes bleues. J'ai pesté. Mais j'ai continué à shooter tout ce qui bougeait, et puis, je me sentais en forme. Le troisième jour fut un grand jour.
Avec les beaux jours, les souvenirs me reviennent. Il y a un an, j'étais à San Francisco pour un congrès. J'y ai passé une semaine fantastique.
Au sortir de l'avion, les yeux ensablés dans le soleil éblouissant, il n'y a pas une minute à perdre. Un saut à l'hotel pour prendre une douche, et en route, pour le passage obligé, le pélerinage initiatique: le Golden Gate.
Je me rappelle de la plage aux vagues déchainées le long du pacifique, avec un ranch et des cowboys.
Je me rappelle des larges voies bosselées qui faisaient sauter la Kia de loc' que j'avais bêtement prise pour une mercédès.
Il y avait des flics un peu partout, des gens qui jouaient au baseball sur des grands espaces verts. Oui, les rues étaient larges, les bagnoles clinquantes, et la foule paisible du dimanche alanguie sous le soleil.

Quand je suis passée sur le pont, je me suis vue propulsée dans les séries et films américains. C'était étrange comme sentiment.
Nous avons grimpé sur la plus haute colline, jusqu'au plus chouette point de vue, laissant d'autres touristes loin derrière nous. 
Je me rappelle du goût du sel sur mes lèvres. On voyait le Golden Gate, Alcatraz, la city et tout au fond, le Bay Bridge. Je suis restée silencieuse devant le spectacle de cette ville tentaculaire, aux collines couvertes d'habitation, aux eaux turquoises tachetées de voiles.
Deux heures plus tard, je m'endormais à table devant ma pizza.
Ce n'était que le premier jour.
C'est à regret que nous avons quitté Ilha Grande pour Parati. Là encore, nous avons pris le bus. Cette fois-ci, il s'agissait d'un bus de ville avec une ficelle sur laquelle tirer pour signaler un arrêt. C'est ce qui est super avec le bus au Brésil, il vous arrete quand vous vous voulez, et il vous suffit de le héler pour monter à bord !
Au terme de deux heures de voyage, nous arrivons à Parati. Le soleil tape, la ville somnole. Inondées de lumière, les ruelles pavées étincellent, et on distingue la mer au bout.

Dans le centre historique, le calme règne. Seuls les sabots des chevaux qui claquent sur les pavés perturbent la quiétude de l'après-midi. Le centre est piéton, aussi ce sont les chevaux qui promènent les touristes et convoient le ravitaillement aux hotels bars et échoppes.

Notre hôtel se trouve place de la Matriz, en plein coeur du centre historique. Cette demeure coloniale toute en pierre cache derrière ses volets de bois un havre de fraicheur.
Sa pierre brute, ses pièces ouvertes sur des jardins intérieurs en font un espace paisible.

Parati est une des premières villes portugaises du Brésil. Elle se trouve sur la route de l'or. Elle a failli disparaitre car au début du siècle, en l'absence des activités économiques qui étaient autrefois siennes, les hommes l'ont quittée pour trouver du travail ailleurs. Dans les annés 70 heureusement, des brésiliens ont rénové les vieilles demeures à l'abandon qui tombaient en ruine.
A ce jour,Parati est devenue touristique. Le soir elle s'anime, il y a de nombreux concerts et les promeneurs flanent dans les rues, profitant de leur fraicheur. Les magasins sont ouverts tard et les terrasses ne désemplissent pas.
Cependant, Parati est étonnament paisible. Cette image l'illustre le mieux: des enfants jouent à l'ombre des arbres en fin d'après-midi.
Il y a trois cent îles accessibles depuis Parati. Et nombre de plages magnifiques, comme Trinidade, qui offrent des piscines naturelles. Hélas, notre appareil photo nous ayant lachés, je ne pourrais pas vous en montrer plus que cette île magnifique dont nous avons observé la faune aquatique lors d'une excursion en bateau...
Anecdotes
C'est gratiné.
Déjà, l'appareil photo nous a lachés. Le même jour, nous avons acheté des bouteilles de cachaça et le sac n'a pas tenu, il a cassé, et les bouteilles avec. Le soir même, j'atterissais à la clinique pour une infection... Mais chapeau: en 2 heures, on m'a oscultée, fait des examens et donné une ordonnance pour des médicaments !
Un singe a réveillé mon mari un jour où il faisait la sieste
On avait un restau préféré où on s'était fait des copains (tout le staff du restau) et le chef nous a appris en cuisine à faire des caïpirinhas !
Conclusion
Le Brésil, c'est génial. Les gens sont accueillants, souriants, chaleureux, toujours prêts à vous aider (vous emmener jusqu'au bon bus, vous indiquer un bar, vous donner une bonne adresse, vous aider à traduire quand ils connaissent l'anglais!) Et ils nouent facilement le contact en dépit de la barrière de la langue :)
La vie des brésiliens, surtout celles des citadins, n'est pas si différente de la nôtre. Bien sûr, la misère existe. Elle y est terrible: les favellas ne sont pas une chimère. Mais les brésiliens sont travailleurs et confiants dans l'avenir. Ils ne resteront pas "en arrière" du monde bien longtemps.
Sur certains points, les brésiliens sont très en avance. Notamment sur la question des biocarburants qui sont utilisés par 50% de leur parc automobile! Et leurs transports en commun sont diablement bons !
Je retournerai au Brésil dès que possible. Je ne suis pas prête d'oublier ce voyage !













