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Questions techniques

Vendredi 25 novembre 2005 5 25 /11 /2005 20:54

Suite à un échange avec Roanne d'Armensul, la question de la protection de nos oeuvres en ligne s'est posée.

Selon moi, un texte en ligne ne diffère pas d'un texte disponible sur un autre support, comme un livre ou un magazine. Si on veut le protéger, on le fait de la même façon. Je ne vais pas m'étendre sur ce point quand d'autres y ont répondu mieux que moi... Aussi je vous suggère d'aller voir ce topic sur le forum des Editions Bragelonne qui contient tout ce qu'il y a à savoir sur ce sujet (et plus encore).

Oui, c'est bien, mais quel est le risque me direz-vous? Cela revient à parler de plagiat et c'est évoqué (même si ce n'est pas le sujet original de cet article) sur ce topic du forum des Editions Cinquième Saison.

A mon humble avis, le risque de plagiat n'est pas plus élevé pour un texte mis en ligne. Les textes sont légions sur internet et le meilleur côtoie le pire. Pour être honnête, je ne crois pas que quiconque aura l'idée de me piquer mes textes. Je n'atteins pas des sommets de perfection en la matière (à mon grand désespoir) et je ne pense pas que mes textes suscitent une telle convoitise (trois fois hélas).

De même je ne pense pas qu'il y ai tant de risques pour les sagas épisodiques comme celle de Chloe ou du Busard, et même pour les romans publiés par morceaux comme celui de Baldwulf ou de Roanne. Il faudrait trop de patience et de temps au voleur pour parvenir à ses fins !

Par contre, il ne faut pas se leurrer. En exposant nos textes, nous exposons nos idées. Et celles-ci sont volages. On ne pourra reprocher au lecteur de s'être inspiré (de façon consciente ou non). Nos propres sources d'inspiration incluent nos lectures, ayons l'honnêteté de l'admettre. Ce n'est pas très satisfaisant comme constat, mais inspirer n'est pas copier.

Pour conclure, je serais verte de rage qu'on me pique un texte (en mot pour mot de la plus vile façon qui soit), mais encore plus vexée de voir qu'un autre saurait mieux mettre à partie une de mes idées.

Votre dévouée apprentie,

Syven

 

 

Par Syven - Publié dans : Questions techniques
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Dimanche 27 novembre 2005 7 27 /11 /2005 00:00

Alors me direz-vous, comment on s’en débarrasse ? Eh bien, comme m’a dit le gars d’O’reilly pendant mon stage de rédaction technique à Londres l’an dernier :

Cut your darlings.

Littéralement « coupez vos chéris ».

Bref, vous effacez et remplacez par quelque chose de plus simple.

Pour conclure, je dirais que vous pouvez aussi choisir de les garder. Vous me trouverez peut-être un peu gonflée d’ajouter que dans ce cas, vous écrivez surtout pour vous-même. (En même temps, c’est mon article et j’ai le droit d’exagérer. Ou pas.)

Dans mon propre cas, j’écris des histoires pour les autres. Je souhaite que le lecteur passe un bon moment. Mon vœu le plus cher est qu’il ne s’arrête pas sur une erreur d’écriture, qu’il ait pour seul souci le fil de l’histoire et pour seules interrogations le devenir des personnages.

Votre dévouée apprentie,

Syven

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Dimanche 27 novembre 2005 7 27 /11 /2005 00:00

Si vous trouvez un élément précis de votre texte du plus bel effet et que vous avez le sentiment d’atteindre le sommet de votre art, montrez-vous soupçonneux.

Mais le champion pour débusquer de darlings, c’est le lecteur (quel vilain çui-ci !)

Si plus de 40% de vos lecteurs buttent sur le même élément, ce n’est plus un risque, c’est une évidence.

Sinon, le meilleur indicateur reste votre réaction face à la critique du darling : vous vous récriez et trouvez des excuses pour ne pas le corriger.

Les plus fréquentes de mes exclamations :

  • « Quoi ? Mais non, c’est limpide ! »
  • « Je suis certaine que ça ne pose pas de problème, tu exagères ! » « Comment ça c’est lourd ! Pas du tout, il y a du rythme ! »
  • « Comment ça, tu comprends pas la construction ? C’est pourtant évident, regarde où j’ai mis la virgule ! Tu sais que j’avais 19 de moyenne en grammaire au collège ? » (nb : c’est vrai, j’étais un star)
  • « T’y connais rien à l’écriture de toute façon ! »
  • « J’ai une parfaite explication, tu vas voir ! » (s’il faut que vous expliquiez votre texte pour que le lecteur comprenne, c’est mal barré quand même.)

D’autres exemples qui ne sont pas de moi mais qui recèlent les signes d’un darling à mon humble avis : 

  •  Mais non, c’est fait exprès, le sens des mots est révélé par la suite »
  • « je réécris/réinvente la langue française »

next: se débarrasser des darlings

Par Syven - Publié dans : Questions techniques
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Dimanche 27 novembre 2005 7 27 /11 /2005 00:00

Tous les darlings ne font pas s’arrêter le lecteur, mais généralement, ils contrarient sa lecture. Imaginez le lecteur comme un spectateur d’une pièce de théâtre, et le darling comme un des acteurs de cette pièce.

Chaque fois que le darling entre en scène, il surjoue. Il braille plus fort que les autres, pleure plus fort que tout le monde, rit plus bruyamment que ses partenaires... Vous me direz que s’il n’a que quelques répliques, ce n’est pas si grave.

Mais admettez que s’il a un rôle principal, le spectateur ne va plus voir que lui et risque d’occulter le jeu des autres acteurs, voire de ne pas prendre plaisir à la pièce et même de ne plus y prêter attention. Car au lieu de se concentrer sur l'histoire et les autres acteurs, il se focalise sur les cris emphatiques du pauvre gars qui se démène sans se rendre compte qu'il y va trop fort…

A votre avis, de quoi notre spectateur se souviendra au sortir de la pièce ?

ps: J’avais une comparaison à base de randonneur et de chemin balisé, mais c’était moins bien je trouve.

next: identifier les darlings

Par Syven - Publié dans : Questions techniques
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Dimanche 27 novembre 2005 7 27 /11 /2005 00:00

Voici un exemple de darling du meilleur cru, tiré de Kemeryne :

Le coupé grimpa en trombe, comme une insulte aux manches à air gonflées par le vent fort d’hiver.


Admirez ce rythme, cette comparaison subtile, cette composition originale…

Bon, certains d’entre vous me diront : mais qu’est-ce qu’elle a cette phrase ? Elle est très bien.

Et bien sachez que d’un, vous me faites plaisir, car je suis convaincue que c’est une perle, sans doute l’une des plus belles phrases que j’ai écrites, mais de deux, sachez que vous faites partie des 30% de lecteurs qui la comprennent.


Voilà pourquoi c’est un darling : moins d’une personne sur deux qui comprend bien ce que ça veut dire.

C’est pour le moins ennuyeux. En plus, pour comprendre cette phrase, il faut quand même réfléchir : les manches à air indiquent que le vent est fort, donc que le véhicule devrait ralentir, mais comme il ne le fait pas sciemment, c’est une forme d’insulte. C’est un peu tiré par les cheveux, mais quand même, c’est bien trouvé !


Dans ce cas précis, le lecteur saisit en un instant la subtilité ou passe sans comprendre tout en se disant « C’est joli ». Au pire, et là ça craint, il fronce les sourcils et se demande ce que ça veut dire (il est content s’il trouve, et heu, avouons-le, moi aussi !)


Comment j'ai corrigé ça? Je me suis passée des manches à air. Démonstration:

Le coupé grimpa en trombe, comme une insulte aux fortes bourrasques qui l’ébranlaient.


J'ai un petit pincement au coeur. C'est moins poétique. Mais ça passe bien, hein ? (Dites-moi si ça passe bien dans les commentaires.)


ps: c'est sûr, je fais moins ma fière là...

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Par Syven - Publié dans : Questions techniques
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Humeur

Apprentie-écrivain SFFF. Possède un haricot, un mari, un chat. Quelques bouquins. Quelques BDs. Allez j'avoue ! J'en ai plein ! Sans compter que, je suis droguée d'internet, j'ai deux blogs et j'anime une mare pleine de grenouilles qui s'entre-corrigent leurs textes... Je suis bavarde, j'ai mauvais caractère et j'ai décidé de ranger ma présentation proprette pour me montrer un tantinet plus honnête.Depuis qu'on me bave dessus. Je ne sais pas pourquoi la maternité me fait cet effet.

A lire en ce moment :
Le Petit Théâtre des Rois (nouvelle fantastique fin XIXeme)

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