Dans la catégorie rateaux, je veux... Disparue!
Et oui, cette nouvelle a été refusée à deux appels à textes, l'un par Solstice sur le thème Tombé du ciel (Editions 5eme saison), et l'autre par la gazette d'Eole.
Cette nouvelle est un conte, a priori destiné à un jeune public. Une série d'autres textes dans la même veine est prévue "Les contes d'Anathel". Il me faudra re-travailler ce texte pour adapter le vocabulaire.
Je vous livre ici le début de la nouvelle:
Disparue !
À chaque seconde qui filait, c’était une nouvelle victoire qu’elle remportait.
« À gauche ! À droite ! Attention les yeux ! J’esquive ! »
Pourtant ce n’était pas un jeu. La pluie, son ennemie, la tuerait sans doute aujourd’hui. Les gouttes d’eau pleuvaient autour d’elle, comme autant de bombes lâchées à son encontre par le ciel. Ses ailes électrisées vibraient, portant la fée minuscule plus vite que jamais. Elle tournoya sur elle-même, telle une ballerine à la robe de miel, entre les sphères aux parois de miroir qui renvoyaient la lumière grise du jour démentiel.
Elle entendit un pépiement familier et dans un réflexe, chercha des yeux qui l’appelait. Avec un cri d’épouvante, Lililloü échappa à une mort certaine et replongea aussitôt entre les traits de pluie, hurlant affolée au moineau :
« Titien ! Laisse-moi, tu vas me faire tuer ! »
Les pattes griffues du moineau la cherchèrent, manquant de déchiqueter ses minces ailes électrisées. La fée-perle cria encore puis réalisa que le corps de Titien la protégeait de la pluie. Elle s’accrocha à une griffe, repliant ses ailes en bouton de rose, et grimpa lestement sur la patte du moineau.
« Merci Titien ! Merci ! Emmène-moi chez Anathel, s’il te plait ! Vite ! »
Le moineau pépia joyeusement, tandis que Lililloü se réjouissait de sa bonne fortune. Que Titien l’ait retrouvée sous cette pluie tenait du prodige ! Peut-être Anathel la sorcière y était-elle pour quelque chose ? Ou peut-être la reine des fées-perle avait-elle envoyé l’oiseau à son secours ?
Titien volait d’autant plus vite qu’il ne craignait pas l’eau. En quelques minutes, il quitta la clairière dégagée et s’enfonça dans la forêt. Il remonta à tire-d’aile jusqu’au faîte d’un chêne et largua son colis dans un trou du tronc. Lililloü ricocha contre les parois avec des piaillements de douleur.
Elle atterrit sur une plate-forme et roule-boula jusqu’à une volée de marches qui menaient à une porte d’ambre. Frissonnante, la fée-perle se releva. Ici, la cinquième saison était intacte. Nulle pluie, nul vent, nul froid dévastateurs. Une magie florissante environnait la plate-forme de nacre suspendue entre les branches d’un arbre.
Les bourgeons s’épanouissaient dans un flot de douces senteurs. Les feuilles d’or frémissaient sous une brise à peine perceptible. Un ciel bleu aux nuages rougeoyants s’étendait au-dessus de l’arbre. Et un soleil pâle baignait d’une lumière lunaire l’ambre de la porte que Lililloü se devait de franchir.




















Les mots des gens