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Les mondes

Mercredi 23 novembre 2005 3 23 /11 /2005 17:43

Dans la catégorie rateaux, je veux... Disparue!

Et oui, cette nouvelle a été refusée à deux appels à textes, l'un par Solstice sur le thème Tombé du ciel (Editions 5eme saison), et l'autre par la gazette d'Eole.

Cette nouvelle est un conte, a priori destiné à un jeune public. Une série d'autres textes dans la même veine est prévue "Les contes d'Anathel". Il me faudra re-travailler ce texte pour adapter le vocabulaire.

Je vous livre ici le début de la nouvelle:



Disparue !

À chaque seconde qui filait, c’était une nouvelle victoire qu’elle remportait.  

« À gauche ! À droite ! Attention les yeux ! J’esquive ! » 

Pourtant ce n’était pas un jeu. La pluie, son ennemie, la tuerait sans doute aujourd’hui. Les gouttes d’eau pleuvaient autour d’elle, comme autant de bombes lâchées à son encontre par le ciel. Ses ailes électrisées vibraient, portant la fée minuscule plus vite que jamais. Elle tournoya sur elle-même, telle une ballerine à la robe de miel, entre les sphères aux parois de miroir qui renvoyaient la lumière grise du jour démentiel. 

Elle entendit un pépiement familier et dans un réflexe, chercha des yeux qui l’appelait. Avec un cri d’épouvante, Lililloü échappa à une mort certaine et replongea aussitôt entre les traits de pluie, hurlant affolée au moineau :

 « Titien ! Laisse-moi, tu vas me faire tuer ! »

Les pattes griffues du moineau la cherchèrent, manquant de déchiqueter ses minces ailes électrisées. La fée-perle cria encore puis réalisa que le corps de Titien la protégeait de la pluie. Elle s’accrocha à une griffe, repliant ses ailes en bouton de rose, et grimpa lestement sur la patte du moineau.

« Merci Titien ! Merci ! Emmène-moi chez Anathel, s’il te plait ! Vite ! »

Le moineau pépia joyeusement, tandis que Lililloü se réjouissait de sa bonne fortune. Que Titien l’ait retrouvée sous cette pluie tenait du prodige ! Peut-être Anathel la sorcière y était-elle pour quelque chose ? Ou peut-être la reine des fées-perle avait-elle envoyé l’oiseau à son secours ?

Titien volait d’autant plus vite qu’il ne craignait pas l’eau. En quelques minutes, il quitta la clairière dégagée et s’enfonça dans la forêt. Il remonta à tire-d’aile jusqu’au faîte d’un chêne et largua son colis dans un trou du tronc. Lililloü ricocha contre les parois avec des piaillements de douleur.

Elle atterrit sur une plate-forme et roule-boula jusqu’à une volée de marches qui menaient à une porte d’ambre. Frissonnante, la fée-perle se releva. Ici, la cinquième saison était intacte. Nulle pluie, nul vent, nul froid dévastateurs. Une magie florissante environnait la plate-forme de nacre suspendue entre les branches d’un arbre.

Les bourgeons s’épanouissaient dans un flot de douces senteurs. Les feuilles d’or frémissaient sous une brise à peine perceptible. Un ciel bleu aux nuages rougeoyants s’étendait au-dessus de l’arbre. Et un soleil pâle baignait d’une lumière lunaire l’ambre de la porte que Lililloü se devait de franchir.

Par Syven - Publié dans : Les mondes
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Jeudi 24 novembre 2005 4 24 /11 /2005 15:47

Une de mes grandes occupations du moment, c'est le Busard Trillenium!

Ce petit blog raconte les tribulations d'une bande de boulets à travers la galaxie. Pas de prise de tête, un article chaque jour, que du bonheur!

J'ai le plaisir de l'écrire avec Zoulou, un gars sympa avec qui je traine beaucoup (trop). C'est la première fois que j'écris en partenariat avec quelqu'un. Grâce à ce blog, il s'est mis à l'écriture lui aussi et on s'éclate bien... J'apprécie vraiment cette collaboration et c'est parti pour durer ! Je pensais que ce serait plus dur d'écrire à deux, mais pas du tout !

L'idée est née un midi où on parlait de Kamelott, une série bien connue d'une chaine hertzienne, et ça nous a donné envie de faire notre propre saga. J'ai démarré au quart de tour et il s'est laissé entrainer. On a commencé par brosser le portrait de l'équipage, on s'est donné le contexte de la première mission, et on s'est lancé. Un épisode par jour c'est un peu contraignant mais on s'en sort pas mal :D

En plus, Zoulou démarre un blog. Que de l'humour piquant, à la Zoulou! Allez voir sur ça pourrait être pire... Moi qui le connais, je me frise les moustaches d'avance!

Par Syven - Publié dans : Les mondes
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Lundi 28 novembre 2005 1 28 /11 /2005 11:19

Dans la série rateaux, je veux... Kemeryne!

Cette nouvelle écrite en avril 2005 est partie à un obscur appel à texte de la revue Hauteurs, qui n'a pas eu la bonté de me répondre, ni pour me confirmer que mon texte avait été bien reçu, ni pour me confirmer qu'il était jeté (malgré quelques emails insistants).

Mais passons. Cette nouvelle recelait nombres d'écueils et avec le recul, je comprends qu'elle n'ait pas été bien accueillie. ;D

Parmi mes erreurs, celles-ci:

  • deux darlings (Les darlings sont des formulations propres à l'auteur, il en est très fier car elles collent à la perfection avec ce qu'il veut exprimer; hélas, il est le seul à y être sensible, la plupart du temps le lecteur ne les comprend pas ou trouve ça super lourd. Eh oui, c'est dur...)
  • une frénésie de phrases nominales et de trois p'tits points
  • des répétitions: 13 fois « monde », 11 fois « espoir », 8 fois « appel »... (Ce qui est énorme pour un récit en 15000 signes.
  • ...

Donc aujourd'hui, j'ai corrigé tout ça. Il m'a fallu deux heures. Et demie.

Parce qu'une nouvelle c'est quand même très dur à écrire: c'est un texte étriqué et celle-ci était compliquée.

C'est pour dire, elle aurait plus sa place dans mes mondes que dans mes rateaux. C'est un récit fantastique qui se déroule à notre époque, en france dans notre pays. Il se trouve à la juste limite entre l'ombre et la lumière et son thème est l'espoir.

Je vous en livre ici le début. Il a été rebaptisé:

 

Pour les hommes

Samuel appuyait à fond sur l’accélérateur. Il n’avait jamais roulé aussi vite de sa vie. Sa passagère observait le pont de Normandie qui se dressait devant eux, sinistre et émouvant dans cette nuit noire. Le coupé grimpa en trombe, comme une insulte aux fortes bourrasques qui l’ébranlaient. En moins d’une minute, il gagna le point culminant du pont et la vue arracha un frisson à Ailenoire.

La Seine s’étendait de part et d’autre en un sombre ruban, large et moiré. En face, les complexes industriels s’alignaient sur la rive en une multitude de points scintillants. Ces châteaux de lumière projetaient un halo orangé sur les bas nuages au ventre de velours, derrière lesquels se cachait la lune, spectatrice muette des caprices du destin…

Samuel ralentit dans la descente. Au bout du pont se dessinait la gare de péage, déserte. Ailenoire braqua sur lui ses iris inhumains, dont la teinte oscillait sans cesse du vert à l’or. « Nous ne nous arrêtons pas. » déclara-t-elle de sa voix rauque, inimitable.

Il rétrograda, insensible aux rugissements du moteur. Rassemblant quelques forces, Ailenoire se tendit et sur sa tête étroite, ses courts cheveux se dressèrent. La magie se manifesta en une vague sublime d’euphorie quand la voiture s’engouffra dans le péage. Elle passa au travers de la barrière sans la briser…

Le panneau. Port Sud, lut Ailenoire.

Elle sursauta : « Le port ! »

Le véhicule fit une embardée sur la droite, dérapa et s’engagea sur la sortie aussitôt après le péage. Les mains de Samuel s’agrippaient au volant tandis que les pneus hurlaient dans un virage serré.

Ils arrivèrent sur un rond-point.

« En face. » indiqua-t-elle.

Une longue ligne droite s’ouvrait devant eux.

Samuel écrasa l’accélérateur. Il s’inquiétait. Cette enveloppe humaine pesait sur la griffonne, déjà épuisée. Cela faisait si longtemps qu’elle avait quitté sa terre d’origine !

Ailenoire ferma les yeux. De nouveau, l’humeur de son compagnon parasitait ses pensées. « Calme-toi, Samuel. S’il te plait, calme-toi.
– Je suis désolé. » lâcha-t-il, honteux.

Se rappelant ses exercices, il se concentra et ne s’autorisa plus à penser qu’à la route, droite et longue. Car quelque part devant, se trouvait le Kemeryne.

Par Syven - Publié dans : Les mondes
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Samedi 3 décembre 2005 6 03 /12 /2005 13:38

Il était temps me direz-vous, que je vous présente un autre de mes mondes. Aussi ai-je choisi le plus important à mes yeux, celui qui m’a attelée à l’écriture. Ès a bercé mon enfance et mon adolescence. Il a grandi avec moi et mûrit au fil des mots que j’ai couchés sur papier (heu, sur pc…) J'ai peur que cette présentation soit un peu maladroite car ce monde est vaste et complexe, difficile à résumer.

Le triptyque "Au Crépuscule du Cinquième Cercle" se déroule sur Céläkès l’Immense, l’un des cinq continents d’Ès. A l’exception des Monts aux Dragons, le peuple des hommes prédomine. Les nains ne représentent qu’une minorité réfugiée dans quelques montagnes au nord-est. Les elfes ont disparus au temps du chaos. Des géants ne subsistent que quelques statues de pierre, à l’orée de ce qui fut leurs terres avant que les Tyrans ne punissent leur révolte.

C’était il y a fort longtemps. Les Tyrans ont été renversés des siècles plus tôt et ceux-ci se sont réfugiés dans les Vèd Issans. Mais ils n’ont pas perdu espoir de reprendre leur place et de détruire le Cinquième Cercle.

Depuis le mont sacré, celui-ci veille. Ses initiés anonymes maintiennent le peuple dans la liberté et ses élites combattent l’ennemi séculaire, le Vèd. Le destin s’est remis en marche, et il trace une voie sanglante. La guerre qui s’annonce est peut-être la grande reconquête promise par le Maître du Vèd.

Pour contrecarrer ses plans et s’élever contre les arts noirs de ses mages, le Cinquième Cercle en appelle aux Puissants. Mais qui sont-ils ? Car seul le Seigneur des Vents, enchaîné par une lutte intestine au cœur de ses cités, est originaire d’Ès. Les autres ont dû franchir la porte céleste : ils arrivent d’un autre monde pour retrouver leurs doubles, ces êtres fabuleux si chers à leur coeur.

Quelle énigme dissimule le Masque d’Or du Maître Lumière ?

Que signifie le regard étrange de l’Ange de la Terre ?

Que cherche la Reine des Neiges Eternelles au cœur de pierre ?

Quel secret désire briser le Seigneur des Vents ?

Le premier tome, "La Course de la Lumière", n’est que le début de leur histoire et de celle de leurs Fabuleux, ces créatures merveilleuses qui hantent mes rêves...

Bientôt un extrait dans un autre article de mes mondes.  :-p

Par Syven - Publié dans : Les mondes
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Dimanche 4 décembre 2005 7 04 /12 /2005 12:52

Comme promis dans mon précédent article sur Es, voici un extrait de la Course de la Lumière.

Il s'agit du début du premier chapitre, celui qui suit le prologue (que je sais pas si finalement il ne va pas sauter ce prologue). J'ai récemment réécrit cette partie. L'extrait est long, mais vous n'hésiterez pas (j'espère) à revenir pour en finir la lecture. Il y en aura pas beaucoup et pas souvent, alors autant que celui-ci soit conséquent! :D

Dans la deuxième partie de cet extrait, je présente mon personnage préféré. C'est la première fois que je mets en ligne quoique ce soit qui se rapporte à lui. N'hésitez pas à me dire ce que vous pensez de lui.

A ceux qui liront ce texte, merci de mettre un com, même minuscule, même pour dire que c'est long, lourd, bof, mal écrit, pas assez travaillé ou encore génial ;D.



La Course de La Lumière, Chapitre 1

Les bûchers flambaient dans les épaisses forêts qui s’étendaient au pied du Labothen, une petite montagne délabrée du centre de Céläkès. Dans l’ombre du Mont Sacré, la nuit paraissait toujours lugubre. Alors, pour tromper leur angoisse et leur fatigue, les sentinelles s’échangeaient à mi-voix les dernières nouvelles autour du feu. Les livraisons de matériel, les arrivées de troupes…

Des noms chimériques couraient sur leurs lèvres. Ces hommes redevenaient des enfants à la lueur des flammes qui dansaient sous leurs mains. Ils comptaient et recomptaient Fabuleux, mages et sorciers. Ils discutaient de tous ces pouvoirs, aussi scintillants dans leur esprit qu’une eau clapotante sous le soleil. Mais cela ne suffisait pas à dissiper leurs craintes, toujours plus grandes à la faveur de l’obscurité.

Quand l’aube se montra enfin, elle délivra son réconfort quotidien aux gardes épuisés... Les brumes matinales s’attardèrent sur les frondaisons et les grands blocs de roche qui en émergeaient. La forêt peinait à se réveiller, et comme elle, les hommes assoupis s’accrochaient à leurs songes.

Un vent langoureux dispersa avec le frimas les dernières rumeurs de la nuit. Le soleil darda ses rayons timides sur le Mont Sacré, ses camps, ses clairières et ses arbres, moins sinistres à la lumière du jour. Le Labothen se dressait tel un monument respectable : sa masse gravide, sa pointe tordue, sa pierre brune et éraillée tenaient bon, quoique lui coûte les années.

Sous sa pointe usée, une excavation naturelle offrait un abri assez grand pour qu’une dizaine de personnes puissent y loger. Là, seule à observer les camps d’hommes en arme, se tenait une petite licorne grise, aussi frêle qu’une biche.

Sa barbiche blanche frôlait le sol, et son rostre d’un ivoire éclatant paraissait trop long pour sa petite tête ciselée. Ses yeux en amande ourlés de cils noirs suivaient sur le sol rocheux l’ombre d’un nuage qui reculait. Quand le ciel fut dégagé au-dessus d’elle, et qu’enfin la lumière la toucha, de grise sa robe devint bleue.

Cette licorne sans âge avait vu se succéder plusieurs générations d’hommes. Elle était l’une des dernières représentantes de son espèce, décimée au temps du Chaos. On l’appelait le Mentor, car elle commandait aux Élus et référait aux plus hautes sphères du Cinquième Cercle. Nul ne se rappelait ce qui l’avait poussée quelques siècles plus tôt à vivre recluse sur ce sommet. A vrai dire, nul ne s’en souciait. La Licorne Bleue du Mont Sacré était une légende vivante qu’un jour, peut-être, les ans vaincraient.

Ses yeux sombres se posèrent sur l’esplanade dallée au pied du Labothen et surveillèrent la préparation des grands tambours. Quand tout fut prêt, que les batteurs drapés dans leurs manteaux rouges se furent installés, son esprit s’unit au groupe de musiciens. Son rostre se chargea de magie et les tambours reprirent leur appel.

Le Cinquième Cercle tonnait.

***

Le soleil brillait haut dans le ciel. Les clairières et l’esplanade fourmillaient d’hommes à l’entraînement. Les cris et le cliquetis des armes côtoyaient les rires et les discussions joviales. Les généraux entraient et sortaient de la tente de commandement, s’entretenaient les uns avec les autres, suivis où qu’ils aillent, de leurs scribes et officiers. Ils se préparaient à une bataille décisive annoncée pour les prochaines semaines, dont l’enjeu concernait à la fois la protection de l’Est de Céläkès et celle du siège du Cinquième Cercle, le Labothen.

Indifférent à toute cette agitation, un adiale errait au petit galop. Le fabuleux destrier zigzaguait avec facilité entre les arbres. Sa robe d’un noir intense refusait la lumière, si bien que tout autour de lui resplendissait de vie. L’herbe était plus verte, les feuillages plus légers, les fleurs plus colorées, les vivants plus vrais…

Sur son passage, par crainte, les soldats détournaient la tête. On disait que son regard de braise vous transperçait jusqu’à la moelle en un frisson glacial, celui de la mort qui vous effleurait d’un baiser. Et on racontait, que son aura de noirceur, brûlante du souffle des Enfers, abritait des ombres mouvantes aux griffes acérées…

Les hommes murmuraient que nulle créature ne pouvait lui survivre en combat singulier, et aucun d’eux n’en doutait. Draize pourchassait les âmes maléfiques, celles à jamais maudites. Il incarnait Ténèbres, la puissance terrestre des Enfers. Peut-être cherchait-il un traître ou une proie ? Voilà ce que craignaient ces hommes et femmes qui préparaient la guerre…

Ils se trompaient. Seule l’Ange lui importait pour l’heure. Où que Draize regardât, c’était vers elle que ses pensées se tournaient.

Ici pour la suite de cet extrait.

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Humeur

Apprentie-écrivain SFFF. Possède un haricot, un mari, un chat. Quelques bouquins. Quelques BDs. Allez j'avoue ! J'en ai plein ! Sans compter que, je suis droguée d'internet, j'ai deux blogs et j'anime une mare pleine de grenouilles qui s'entre-corrigent leurs textes... Je suis bavarde, j'ai mauvais caractère et j'ai décidé de ranger ma présentation proprette pour me montrer un tantinet plus honnête.Depuis qu'on me bave dessus. Je ne sais pas pourquoi la maternité me fait cet effet.

A lire en ce moment :
Le Petit Théâtre des Rois (nouvelle fantastique fin XIXeme)

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