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Mercredi 5 décembre 2007

Je viens de tomber sur un blog spécialisé dans les conseils pratiques d'écriture. Alors vous me direz, coah Syven, de l'ironie, du sarcasme à l'égard d'autres auteurs et d'autres sites dispensant des recettes pour bien écrire ! Et Robert, il est où Robert ? Il se cache tout nu derrière le tas de foin là-bas ? Oui ? Non ? Et tes lointaines interventions appuyées sur les forums, indiquant que prendre connaissance de tels conseils, surtout de bons auteurs, ne peut faire de mal qu'à son égo ? Hein ?!

Non, vous n'y êtes pas du tout. Les conseils pour mieux écrire, c'est bien, c'est pratique, ça remet en selle. Ce que je n'aime point, ce sont les recettes, avec une liste de choses à faire. Genre... A coeur vaillant rien d'impossible, garde la foi, assieds-toi chaque jour devant ton pc, et saigne sur ton clavier ! Tu verras, le vingtième roman, ce sera le bon.

Hum.

Le conseil phare et récurrent de la réussite, écrire chaque jour. OK. Une page par jour pour un livre par an, je dis, raisonnable et faisable.

Quatre par jour, un livre tous les trois mois. Si on saute un jour, on se rajoute une page de plus par jour pour rattraper, etc. Magnifique, merveilleux. Quatre livres par an. Je dis...

Non non non, quatre premiers jets par an. Facile d'écrire un premier jet, surtout si on ne fait pas de pause en cours de route pour le remettre sur ses lignes directrices, gérer les évolutions de scénarios, etc. Bonjour le travail de correction derrière. On peut se fixer un nombre de pages ou de signes pour avancer un minimum par jour, semaine ou mois, histoire de combattre la procrastination... Oui, ça entretient la flamme, ça donne des ailes de voir son roman avancer !

Mais ne tombons pas dans l'excès, avancer pour avancer. Alors effectivement, l'adage "c'est en forgeant qu'on devient forgeron" marche très bien ; en écrivant avec régularité, on s'améliore forcément, on prend un rythme, c'est tout à fait vrai, mais si nous reprenons la métaphore du forgeron, vous pensez bien qu'entre un fer à cheval et une arme, il ne va pas du tout procéder de la même façon et qu'il ne mettra pas le même temps.

"Pisser" des lignes n'est pas la solution miracle. Non que j'ai envie de casser le moral des troupes, mais juste de rappeler un point qui me parait essentiel. Ecrire, ce n'est pas s'éparpiller sur le papier. C'est un acte réfléchi, pesé, mesuré. Chaque mot, chaque scène comptent. Il faut savoir où l'on va, ou au pire, où l'on n'ira pas. On ne peut pas tout improviser.

Ecrire ne se résume pas à pisser des lignes, surtout pour un apprenti qui n'a rien d'un auteur pro. Faut y mettre de la passion. La réussite n'est pas forcément au bout, raison de plus pour aimer ce qu'on fait.

J'ajoute qu'en cours d'écriture, les hauts côtoient les bas. Se rendre compte qu'on n'est pas une machine bien huilée capable de pondre ses 4000 signes tous les soirs, ce n'est pas bon pour le moral.

Ce n'est que mon avis, bien sûr.

Vendredi 5 octobre 2007
Il y a un autre écueil de taille qui retient l'auteur de poser son point final à son premier jet (outre la phase de boucherie décrite par notre ami Jean-Christophe). Achever un récit est déjà un exploit en soi. Cela requiert rythme et assiduité dans l'écriture. Y parvenir ne serait-ce qu'une fois paraît à certains (ou certaines, oui bon moi, voilà je l'ai avoué) une gageure.
Il faut envisager l'après. Qu'écrira-t-on ensuite ?

Si l'on est en pleine trilogie ou décalogie, on transpire dans la côte, on n'est pas au bout de ses peines, et on ne se pose pas la question.

Par contre si on vient de poser le point final à un one-shot, la question n'est pas aussi évidente qu'il y paraît. Et puis il va falloir tout recommencer : s'interroger sur un scénario, créer de nouveaux personnages... C'est un peu angoissant de sortir de son confortable petit roman pour retomber dans le vide de l'inconnu, et surtout dans le doute quant à nos capacités à nous remettre en selle.

Pour ma part, j'ai toujours ma confortable trilogie fantasy qui me manque. Mais enfin, ça y est, j'ai une trame pour un nouvel opus fantastique, nettement moins sombre qu'Au sortir de l'ombre. Le thème en sera l'espoir. Et ce roman sera engagé.
Mardi 2 octobre 2007

Pourquoi terminer un roman est-il un cap si difficile à passer ? Au prime abord, on pourrait croire qu'enfin voir le bout du tunnel motive l'auteur, le cravache, lui donne envie de jeter ses dernières forces dans son ouvrage pour poser le point final.

Mais pas toujours. L'attachement à un texte est proportionnel à l'investissement personnel, et plus on passe de temps à écrire, plus on  connait nos personnages, plus on se sent à l'aise en leur compagnie. On aime les retrouver après le travail, passer un moment à leurs côtés, les faire souffrir, rire et réfléchir. Bref. Poser le point final signifie se séparer de ces êtres auxquels on s'identifiepour les besoins de l'écrit.

D'autres éléments accroissent cette difficulté à terminer : la fin est très importante (pour tout texte), elle en conditionne le succès, et voilà qui alourdit la pression sur les épaules de l'auteur ! De plus, qui dit fin du premier jet, dit début des relectures, un travail moins gratifiant que la phase d'élaboration, avec à suivre, la soumission au verdict du bêta-lecteur (pour ceux qui ne font pas lire au fur et à mesure). C'est très angoissant.

En posant le point final, on cesse d'être seul avec notre création. On passe du côté du lecteur, on n'a plus autant d'intimité avec elle. Pis, c'est dès cet instant qu'elle nous échappe.

Jeudi 20 septembre 2007

Dans ces petites FAQ de l'écrit, je trouve important d'aborder des questions essentielles qui hantent les jeunes auteurs. Combien sont réellement préparés à se prendre une bonne grosse lettre de refus dans la boite aux lettres ? Ah ah ! On a toujours un espoir même si on n'ose l'avouer. Mais d'après ce que j'ai lu chez les autres bloggueurs, il est vite remplacé par une certaine lassitude (due à l'amoncellement de courrier négatif). Mais ce n'est pas l'objet de la question du jour.

Que faire quand tous les refus sont tombés dans la boite aux lettres, sonnant le glas de vos espoirs de publication ?

Il y a deux cas de figures : le premier, vous vous obstinez. Soit vous savez au plus profond de vos entrailles que vous tenez l'oeuvre du siècle, que vous avez dans vos mains le saint potter qui échappe à ces regards blasés d'éditeurs inconscients de votre génie (rien que ça). Soit, vous êtes un peu plus modeste, vous vous étonnez que personne ne soit preneur parce que vos bêta en redemandaient, c'est pourquoi, légitimement, vous ne vous laissez pas abattre par cette première salve d'échecs. Dans le doute, vous effectuez une nouvelle relecture, voire, vous testez auprès d'autres bêta-lecteurs comme Cocyclics (au hasard), parce que les lettres types ne vous donnent que peu d'indices sur ce qui n'est pas passé. 

Second cas de figure, vous vous accordez que la bataille est perdue et vous décidez de passer à autre chose. Oui, mais quand même deux ans de boulot... Vous êtes peut-être passé par CoCyclics... Vos bêtas avaient aimé... Le monde entier ne saurait être privé de votre génie, cela va de soi.

Tata Syven a pour vous la solution. Sur une discussion fiévreuse avec ses collègues de bureau, elle a compris quel était le digne moyen d'enterrer une oeuvre sans la condamner à l'oubli immédiat. Elle pense que dans son propre cas, elle passera par un petit imprimeur, genre lulu.com (ou mieux, elle demandera conseil à Sand quand cela viendra) pour ceux qui seraient éventuellement intéressés par une version papier (maman, tata, belle-maman, haricot, son p'tit mari, ses fans inconditionnels quoi, en plus, super idée de cadeau de noël quand même !)

ET ! Parce qu'internet est un media révolutionnaire qui doit servir aux écrits pour trouver leur public, elle proposera un téléchargement depuis son futur site web. Avec sans doute, un petit pop-up au téléchargement, qui énoncera un message bien miséreux comme tout, proposant au lecteur de lui laisser une petite pièce paypal (sans obligation, s'il le souhaite cela va de soi) pour encourager l'auteur et l'aider à changer de machine, la sienne montrant de plus en plus de signes de faiblesse (notez le choix machiavélique du message pour attendrir le geek qui sommeille en chacun de nous).

Voilà en deux trois clics un avenir radieux et une fortune assurée grâce à un bouquin dont les éditeurs n'auront pas voulu. Et là, on dit merci qui ? Merci tata Syven !

Dimanche 26 août 2007
Je me suis dit qu'avec la rentrée qui approche, une nouvelle catégorie ne serait pas de trop : FAQ de l'écrit.

Je vous propose d'étudier les FAQs (Frequently Asked Questions - questions fréquemment posées), ces petites questions qui sèment le doute dans l'esprit du jeune auteur.

Pauvres de nous, non seulement il nous faut améliorer notre prose, nous flageller pour parvenir au bout de nos peines, mais en plus, il nous faut combattre ce doute récurrent qui nous assaille.

Peut-être qu'on pourra en ajouter le contenu au fur et à mesure, sachant que les réponses les plus argumentées et démarquées seront intégrées (avec la permission de leur auteur) dans le PDF des Aventures de Robert.
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