Recherche

Des Photos...

W3C

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0
Jeudi 8 février 2007
Par transitions, je parle de portions de textes qui lient  les scènes d'un roman, pas de simples paragraphes. J'avoue que pour écrire cet article, j'étais bien embêtée. Il y a des sujets faciles, d'autres moins, et j'essaie de me documenter un peu quand j'ai l'intention de parler d'un sujet où je sens qu'un approfondissement est souhaitable. Pour me documenter j'utilise google (comme tout le monde) mais je n'ai pas trouvé de cours de français sur les transitions comme j'en avais trouvé sur le point de vue (c'est là que j'ai appris le mot focalisation, d'ailleurs !)

Donc ce qui suit est de mon propre cru, dénomination et tout le bazar. Je vais demandé à une copine prof de français de me relire cet article et je le modifierai si j'ai écrit des bêtises...

Les transitions sont des passages clefs pour le lecteur : elles lui permettent de rester dans la course, de se placer dans un nouveau contexte ou de se replacer dans un contexte parallèle, éventuellement de faire un point. Explicitons. Bien souvent le récit comporte plusieurs personnges et plusieurs intrigues qui s'entremêlent. Lorsqu'on saute d'une intrigue à l'autre, ou qu'on rencontre un nouveau personnage, principal ou secondaire, ou qu'on revient à un autre personnage (en admettant que le récit soit dirigé par le suivi des personnages), il y a de nombreuses façons d'effectuer la transition du récit précédent à celui qu'on débute ou reprend.

Pour l'écrivain, ce n'est pas toujours très passionnant à écrire, en fonction de la meilleure solution choisie. Pourtant à mon sens, celui qui maitrise la transition, maîtrise son récit.

Dans les exemples suivants de transitions, je ne donne que quelques phrases, mais dans des textes longs, je rappelle qu'une transition devient facilement une scène à part entière si elle est bien développée.

La transition simple

On replace le lecteur dans le contexte, c'est-à-dire, on lui rappelle ce qu'il se passe à cet instant précis.

Tandis que Robert tirait des plans sur la comète pour s'emparer de la relique (scène précédente), son roi lui s'entretenait avec son pire ennemi qui bien entendu, faisait son maximum pour le discréditer. Il avait déployé tout un argumentaire basé sur les informations fournies par son espion, l'écuyer de Robert (scène encore précédente). Le roi l'écoutait d'une oreille distraite, à peu près aussi convaincu qu'une huitre attendant la prochaine marée.
"Votre majesté ! Je trouve que vous placez une confiance excessive en ce faquin ! s'écria ce dernier. Jamais il ne récupèrera l'objet !"

Avantage : facile à mettre en place.
Mais bon, ce n'est pas toujours la meilleure façon de faire.

La transition introductive

On introduit la scène, tout bêtement en donnant le contexte de cette nouvelle scène, par exemple, ce que s'apprête à faire le personnage.

On avait laissé Robert à son plan de vol de la relique sacrée (scène précédente). On le retrouve en train de se préparer à cambrioler l'abbaye. On rappelle qu'il est accompagné, quels sont ses objectifs, on introduit l'action de la scène.

"Robert approchait à pas de loup de la fenêtre, concentré sur le but de sa mission : la relique sacrée. Justin portait le pied de biche, à peu près aussi confiant qu'un chat qu'on approche d'un baquet."

Avantages : facile pour le lecteur de comprendre ce qui se passe.

La transition descriptive

On procède à la description d'un nouvel environnement avant d'attaquer la scène proprement dite.

A la scène précédente, Robert indique qu'il va cambrioler l'abbaye à la nuit tombée. La nouvelle scène commence par la description de l'abbaye de nuit (bruits, obscurité, humidité), à laquelle se mêlent les impressions de Robert tandis qu'il avance en territoire ennemi.

Avantage : on met en place le décor pour le reste de la scène ; on peut faire un topo de l'état (mental+physique) du personnage au moment où il entre, on peut aussi introduire de nouvelles informations qu'il ignorait et qu'il constate de visu (genre des gardes là où ce n'était pas prévu).

La transition informative

On raconte des faits historiques, ou une légende, ou des ragots sur un personnage, bref n'importe quoi qui a une valeur informative et qui va immanquablement se rapporter à la scène qui va suivre, selon une logique narrative indiscutable.

Avantages : on peut placer tout un tas de choses qu'on ne pourrait pas expliquer en pleine action car ça donnerait une lourde digression.

Par exemple :
"La fameuse relique de St Thurmain avait de tout temps excité les convoitises. On lui prêtait divers pouvoirs dont celui, entre autre, d'assurer à son possesseur d'engendrer une descendance masculine bénie des dieux. Les moines eux l'honoraient pour le caractère divin qui lui était associé, aussi avaient-ils imaginé tout un tas de piège pour décourager les voleurs potentiels."

La non transition

On commence une nouvelle scène en entrant directement dans le vif du sujet. Le but est de scotcher le lecteur. Par exemple, on commence sur un dialogue.

"Passe-moi le pied de biche !
- Monseigneur, vous êtes bien sûr de vouloir forcer cette porte ? demanda l'écuyer de Robert.
- Passe-moi le pied de biche où je te faire fouetter en place publique au lever du soleil !"

Je conseille de l'utiliser pour des scènes d'action qui ont une forte valeur de tension, ou parce qu'il se passe un évènement fort attendu par le lecteur, qu'on a préintroduit suffisamment pour qu'il puisse se passer de transition et qu'il apprécie la vitalité induite par cette non-transition.

L'avantage majeur, c'est que ça dynamise le récit.

Le retour en arrière

On commence une nouvelle scène en rappelant ce qu'il s'est passé au préalabre. On peut faire un résumé des évènements, mais je le déconseille de laisser ce résumé sec. Si on rappelle des faits antérieurs, pour que le lecteur ne s'ennuie pas s'il s'en souvient bien, il faut ajouter un peu de sel en donnant quelques nouveaux éléments.

Par exemple, des réflexions qu'ont pu se faire les personnages entretemps, ou des évènements inconnus d'eux et du lecteur qui vont donner un temps d'avance au lecteur sur les personnages, lui permettre de comprendre la scène et éventuellement de jouir de l'incompréhension des personnages. Ensuite la surprise qui réside dans la scène en question doit venir d'éléments que le lecteur n'aura pas anticipés.

Une autre façon d'effectuer un retour arrière est de faire se souvenir des faits par un personnage perdu dans ses pensées. Dans ce cas, l'élément en plus qui permet de ne pas tomber dans le résumé (barbant), est de soumettre ces faits à l'analyse du personnage.

Avantage : c'est une transition efficace pour placer là encore de l'information et s'assurer du bon suivi du lecteur.

Je ne vais pas lister toutes les transitions, en réfléchissant vous en trouverez plein d'autres. Il faut les varier, n'utilisez pas toujours le même shéma et réfléchissez quand vous commencez une nouvelle scène à la meilleure façon de l'introduire. Soyez créatif !
Blog : Weblogs sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus