Au troisième jour, j'étais en confiance. J'avais fait connaissance, pris mes marques, amélioré mon débit en anglais (sacrifiant l'accent à la compréhension), et j'avais adopté une tenue décontractée, assortie d'une petite veste en velours cotelé très cosy.
Après une matinée remplie de meetings (réunions), mon chef M. me propose une pause déjeuner comme il en fait régulièrement avec D. Il teste un peu le terrain, se demandant s'il n'aurait pas mieux fait de m'inviter au restau, mais au contraire, je trouve l'idée très sympa. Il m'emmène donc avec D. chez un petit mexicain dans une rue pas loin. Il s'excuse parce qu'il faut marcher, mais comme j'ai prévu les baskets, je le rassure en lui disant que j'adore marcher, surtout quand je suis à l'étranger (ce n'est pas pareil derrière les vitres d'une voiture).
Toute contente, je découvre qu'il y a pas mal d'épiceries de quartier (je pensais qu'à part le star buck d'en bas, il n'y aurait pas de magasin de proximité.)
De tout mon séjour, c'est ce midi-là où j'ai le mieux mangé. La photo est floue, mais je vous jure, c'était un pur régal :

Avec M. et D., nous nous installons ensuite près du terrain de Baseball, qui se trouve juste derrière la tour de verre de notre company.

C'est calme, il fait beau et très vite des joueurs viennent échanger quelques balles. C'est à regret que je quitte la table de pique-nique, après un déjeuner charmant, décontracté où j'ai même réussi à placer quelques blagues en anglais. Mon chef M. est ravi. Lui et D. ne cessent de dire que je suis "so gracious" et je soupçonne que mon accent y est pour quelque chose.
L'après-midi passe très vite car à 5:00 pm, tous les tech. writers se réunissent. J'étais au courant qu'il y avait une party de prévue en mon honneur (j'avais amené un grand vin pour l'occasion), mais je m'attendais à un pot dans l'immense cuisine de la boîte... et pas à ça...
M. répartit les tech writers dans les voitures. Nous partons pour Twin Peaks chez sa mère. La maison se trouve tout en haut d'une colline. C'est simple quand on passe dans la rue, on ne voit que des doubles ou triples portes de garage, noyées dans la verdure.
Vous allez me dire, double ou triple porte de garage, aux Etats-unis ce n'est pas étonnant. Mais en 3 jours passés là-bas, la plupart des maisons de SFO que j'ai vues sur les autres collines, c'était plutôt, collées les unes aux autres, avec 1 m de pelouse entre chaque, sans d'arbre, et visible dans leur intégralité, avec un garage et une allée pour la 2eme voiture.
La maison de la mère de M. n'échappe pas à la règle. On ne la voit pas bien de la rue, et en longeant son flanc de bois, je la trouve interminable. Je rentre avec tout le monde, plutôt impressionnée par ce que je vois en premier: le piano à queue dans la salle de musique ouverte sur la salle à manger cuisine américaine, avec patiot fontaine, et terrasses.
Arrivée sur la terrasse principale, j'hallucine devant le jardin paysager et les eucalyptus.

Mais je me ressaisis vite. Mes collègues ont prévu une fête, il faut que je fasse honneur. En effet M. m'a préparé une dégustation de vin californien. Les meilleurs que j'ai bus là-bas. Bien sûr, j'ai tout goûté (je suis polie !). Lorsque je lui offre ma bouteille, à son regard ravi je vois que j'ai touché dans le mile, ce qui me réjouit, car après tous les efforts qu'il fait, j'ai vraiment envie de lui faire plaisir.
Le must du moment à SFO, ce sont les apéritifs dinatoires aux fromages. J'avoue que sur le coup, je suis dubitative, mais en apercevant le plateau, je suis assez surprise: on ne dirait pas qu'ils sont pasteurisés, et en les goutant, je découvre qu'ils ont fort bon goût.

Tout en conversant agréablement, je complimente M. et sa mère sur la beauté de la maison. Là j'apprends que tout le monde ne vit pas dans ce genre de maison (ouf!) et que les parents de M. l'ont achetée à un prix raisonnable il y a assez longtemps. La mère de M. me trouve charmante elle aussi, car j'ai remarqué les tableaux un peu partout, tous d'elle (elle est artiste, eh oui !)
Elle me fait visiter la maison aux pièces innombrables. Plusieurs chambres ont leur jardin privé, chacune a sa salle de bain... Je suis dans mes petits souliers. Mon hôte insiste pour que je prenne des photos. Je ne vous montrerai qu'une de l'intérieur, la chambre de son room mate, qui expose à Cuba et se trouve donc absent. Le tableau est de lui.

En remontant, je retrouve mes collègues ébahis devant des photos originales d'Eléonore Roosevelt, une tantine de la famille... Puis on m'entraine au jardin. C'est sympa comme tout (et je pense avec honte à mes 100 m² de pelouse mal entretenue...)

La maison disparait dans la verdure. Mais ça donne une idée quand même... Au fond du jardin m'attend une autre surprise.
Ca.

Vous le croyez ? Je suis en plein dans San Francisco, au bord d'une faille. Et tout autour, sur les bords des falaises avoisinantes, on devine les habitations qui dévalent les autres versants jusqu'en ville. Là, ces immeubles sont les logements pour les moins favorisés.

Sur le chemin du retour, avec le colley de M. qui gambade autour de nous, je suis dans le coton. Cet ilôt de nature dans la ville m'a bouleversée.
J'accepte la vodka-martini-olive que la mère de M. m'a préparée pendant ma balade, elle me dit que je ne peux pas partir sans boire avec elle son cocktail préféré. Je trinque, je me sens un peu James Bond.
La soirée n'est pas finie. Avec mes collègues les plus proches, direction la city pour un dîner dans un restau prestigieux, the House (tous mes autres collègues ouvriront des grands yeux le lendemain.) Pas moyen de payer ma part au restau (pourtant, ma boîte me rembourse.)

The House est bondé. C'est hype. C'est chic. Et à la sortie, je vois enfin la pyramide éclairée.

Quand je me couche, je me dis : vivement demain.
ps: je n'arrive pas à mettre en page. Désolée pour les photos mal cadrées, je réparerai plus tard.













