L'inspiration ne me fait jamais défaut. Je ne compte pas les fois où un texte m'est venu en l'espace de quelques secondes suite à une réflexion ou à un événement qui m'avait frappée. Par exemple, le texte Aller-Simple que j'ai envoyé à solstice est né de l'indélicatesse d'une commerçante qui a refusé mon billet de 20 euros pour un achat de 6 euros.
Il n'en fallait pas plus pour qu'Anton, jeune étudiant en médecine, se retrouve face à elle dans la situation la plus bizarre de sa vie, un billet d'avion de Bazabel Airlines à la main.
Bazabel vous transporte d'un Royaume à l'autre!
Si mon imagination est une précieuse alliée, mes rêves sont plus importants encore. C'est d'eux qu'est né le monde d'Ès. Ce pays merveilleux nimbé de brumes et d'espoirs m'est apparu à l'adolescence, au fil de rêves et de conversations enflammées avec ma meilleure amie.
Et il perdure, même si aujourd'hui je suis adulte. Voici mon rêve d'avant-hier.
Céläkès l'Immense, pays des Géants.
Les géants ont disparus dans des temps lointains à l'échelle de l'homme. Mais leur cité magnifique, Qualibarez, s'enroule toujours à flanc de montagne, et ses contreforts fortifiés se dressent, inébranlables sous le soleil de plomb.
Je marche sur la première muraille, le regard fixé sur le paysage. La fraicheur du petit matin s'évanouit sous les rayons ardents de l'astre. Les brumes libèrent la plaine brulée se déroulant jusqu'aux premiers arbres qui gardent leurs distances. La savane argentée qui s'étend jusqu'à l'horizon n'est pas épaisse, je le sais, et elle cache d'inombrables fissures, parfois des gouffres, qui cisaillent la terre.
Du haut de cette muraille, on se sent grand et libre, mais je dois regarder loin, car si je m'approche trop du bord j'aurais le vertige. C'est haut, très haut, il n'y a rien de comparable aux autres cités fortifiées que j'ai visitées.
Un cortège de gardes me suit où que j'aille, et parmi eux, Nereij demeure silencieux. Je me crispe à l'approche d'un immense bloc rectangulaire qui réduit le passage, dépourvu de garde-fou. Il va me falloir passer à moins d'un mètre du vide le plus total.
Je risque un coup d'oeil. Les gens en bas sont minuscules. La distance au sol est terrible. L'air me manque, je m'agenouille. Nul ne rit derrière moi.
Plus tard, dans une petite salle sombre, se tient un conseil de guerre. Je n'écoute pas. Je tiens la main de Nereij.
* Nereij est mon mari.














