Je ne sais pas si les autres auteurs ont tous cette drôle de sensation, mais quand j'attends le résultat d'un appel à textes, j'ai la même impression que si j'attendais les résultats d'un tirage au sort. Genre, si je "gagne", c'est parce que j'aurais été drôlement chanceuse.
Ce qui est un peu ridicule, avouons-le. Le comité de lecture ne laisse rien au hasard, il choisit selon les qualités des textes, et selon les thèmes traités, et aussi... Bref, plein de critères précis entrent en jeu pour la sélection, et le travail fourni par l'auteur n'y est pas étranger. Quant au hasard, il n'y est pour rien.
Seulement, c'est l'impression que j'ai. A chaque résultat positif, j'ai eu la sensation d'un miracle, et je n'aurais pas été plus contente si j'avais gagné 10 000€ à la loterie*. C'est fou, non ?
Les appels à textes, que des sensations fortes ! Allez zou, je vais retourner voir ma boîte mail au cas où ça serait tombé pour CeZaMe.
:D
*Notabene : n'ayant jamais gagné 10000€ à la loterie, je ne puis garantir l'échelle de comparaison.
Certaines histoires sont comme des évidences. Les premiers mots écrits, la trame se déroule en un tapis rouge et rectiligne qui mène à la fin, sans détour aucun. D'autres récits sont comme des mers tumultueuses. Ils sont vastes et turbulents, sans soucis de nous laisser trouver un courant qui nous emporterait à destination.
Les écrits ne sont pas conciliants. Vraiment.
Vous le savez, ou nous le savons, septembre est presque là, c'est la rentrée ! Pour tout le monde, en particulier dans le monde de l'édition. Non, non, je ne parlerai pas ici de la rentrée littéraire (du moins, pas avant qu'un éditeur ait reconnu mon génie, au moins en terme de carrelage) et des 150 derniers romans parus.
Pendant la saison estivale, tout le monde n'a pas passé ses WE à faire du carrelage (incroyable, n'est-ce pas ?) Les écrivains ont beaucoup écrit, profitant de leur temps libre pour préparer tout un tas de chouettes nouvelles (hein, Blacky ?) et les comités de lecture ont lu.
Par exemple, le prix merlin est allé au premier roman des éditions 5eme saison. Je suis très contente pour l'auteure, Muriel H. Essling, et pour l'équipe de 5S, bien sûr.
Il a aussi été décerné à une nouvelle de Nathalie Dau (dont je vous ai déjà parlé, toujours chez 5eme saison dans le dernier Solstice !)
Bravo à eux !
Oui, c'est bien la rentrée...
Cette semaine, de nouveaux résultats d'ATs devraient commencer à tomber. en premier lieu, celui du premier Appel à textes des Editions CeZaMe. Inutile de vous dire que j'ai très-très envie d'en faire partie. Mais la concurrence est toujours aussi féroce, et à part faire ma petite prière, je ne peux pas grand chose de plus.
Le mois prochain, je compte aussi sur le résultat de l'appel à textes sur les super-héros. J'ai pas forcément autant d'espoirs, mais j'espère quand même.
Et puis, avec la rentrée, peut-être que je vais avoir l'électricité chez moi... Bientôt...
Mais j'hésite. Si j'invoque les puissantes célestes qui veillent sur ma destinée, dois-je choisir le succès pour le Petit Théâtre des Rois, ou l'électricité au 15 septembre ?
...
A votre avis, que vais-je choisir ?
Réponse: le succès du Petit Théâtre des Rois chez Cezame, pardi !
:)
(mini-update sur les 2 premiers paragraphes)
NB: on prononce Lo'ellyn
Lwellyn, Seigneur des Vents
Au dehors, la tempête jouait son concert quotidien de plaintes lancinantes, ébranlant de ses épaules impalpables le lourd palais qui oscillait doucement dans les cieux. Les vents se rassemblaient pour se jeter sur le Wentatlemz avec force, dans un jeu perpétuel dont ils ne semblaient vouloir se lasser.
Seul dans ses appartements, le grand homme noir achevait de s'habiller, perdu dans des pensées qui suivaient le va-et-vient des masses d'air. Le cri de rapace qui perça soudain le tira de sa réflexion. Lwellyn se hâta de coiffer son casque d’argent et d’enfiler ses gants, puis il tira sur le cordon fixé à sa taille pour resserrer contre lui sa cape de cuir blanc. Il était prêt.
Son athlétique silhouette se dirigea à grands pas vers le balcon qui longeait le bâtiment ovale. Quand le seigneur de Borrell ouvrit la porte-fenêtre, un souffle froid s’engouffra dans le somptueux salon et renversa une chaise avec fracas. Ignorant le vent déchaîné, Lwellyn sortit. Sitôt lâché, le battant claqua derrière lui.
D’un bond, l'homme noir sauta sur la balustrade de verre, et se releva, s’appuyant sur les bourrasques qui pesaient de leur force invisible contre son corps. Son regard gris s’attarda. Les Cités Suspendues s’étendaient à perte de vue, en une myriade d’urnes rousses posées sur de fines écharpes blanches… Le seigneur des vents se jeta dans le vide.
Le nuage froid qu’il traversa lui gela cils et sourcils. L’air glacé lui battait les joues, salait ses lèvres et filait autour de lui tandis qu’il tombait. En contrebas, la mer houleuse frappait de son écume les falaises ; les plateaux de craie disparaissaient sous des nappes de poussière qui se dissipaient puis se reformaient comme des bancs de poissons effrayés par un prédateur.
Un vol d’oiseaux-glaives décrivit une large courbe et se porta à la rencontre de Lwellyn. A leur tête se trouvait leur reine, dont le plumage flamboyant d’or et de cuivre contrastait avec celui couleur acier de ses compagnons. Les abandonnant, elle se lança à la poursuite de l’homme qui tombait.
Ce dernier écarta bras et jambes, puis d’un simple vœu, engagea le vent dans sa cape. Il plana dans les cieux tourmentés…
L’immense rapace se glissa sous Lwellyn qui tomba à plat ventre sur son cou d’argent. Le seigneur des vents se redressa et agrippa fermement la poignée du harnais.
Ses pieds s’engouffrèrent dans le vide à une allure vertigineuse quand la reine plongea. Dans son sillage s’alignèrent la vingtaine de ses semblables qui l’escortaient et qui, comme elle, portaient un compagnon dont ils partageaient les pensées.
S’arrachant à sa chute, Isaque se redressa avec grâce et vira pour suivre les falaises déchiquetées. Lwellyn marmonna en lui-même quelques mots. Les vents emportèrent l’escadrille, abandonnant derrière eux les Borellas, ces immenses et larges colonnes de bois noir et millénaire qui supportaient les Cités Suspendues.
De là-haut, on distinguait les crevasses qui fissuraient les longs plateaux escarpés. À droite, les plages de silex, de sable et de verre se succédaient tandis que la houle furieuse volait en éclats. À gauche, le vent arrachait par bourrasques des nuages de craie aux falaises déjà écorchées par la mer.
Plus loin, à cinq lieues, se trouvait un petit village d’éleveurs de crustacés, abrité par une maigre crique naturelle. C’était là que le Seigneur des Vents se rendait.
Ce qui est bien quand on habite chez ses parents qui vivent à 40 km de son lieu de travail, c'est qu'on a une demie-heure de trajet matin et soir. C'est un pur bonheur quand on n'a pas à conduire, et qu'on possède un véhicule avec une bonne tenue de route qui rend la lecture possible.
Une heure par jour en plus pour lire (j'ai essayé de noter dans mon carnet, mais, le résultat était illisible.) Alors j'en profite pour rattraper mon retard en terme de webzines.
Hier soir, j'ai achevé la lecture d'Univers 2, produit par les Outremondiens. Rappelez-vous, j'avais été alpaguée par la couverture du premier opus, que j'avais vraiment aimé. Une bonne revue, m'étais-je dit en prenant connaissance du contenu. Mais là, j'ai carrément été bluffée.
Ce n'est plus une bonne, mais une excellente revue. 100% de grande qualité. Je vous mets le sommaire:
- La première pyramide, texte de Thierry Santander illustré par Nathy
- Une race particulièrement sotte, texte d'Elie Darco illustré par Cyril Carau
- Dernière rencontre, texte de Sylvain Quainon illustré par Fabien Fernandez
- Philippe Ward, interview menée par Thierry Santander
- Turn-over, texte de Julien Louisandre illustré par Alain Mathiot
- La voûte céleste est une passoire, texte vainqueur de l'AT "Au carrefour d'outre-monde ou la croisée des chemins" d'Anne Lanièce illustré par Magali Villeneuve
- La croisée des chemins, article de Cyril Carau sur l'oeuvre de Piet Mondrian
- Forget me not, texte de Menolly illustré par Magali Villeneuve
- I&co, texte et illustration de Cyril Carau
- L'instant de l'action, texte d'Alain le Bussy illustré par Annick
(Comme d'hab, l'image est cliquable.)
Je ne vais pas faire le détail de tous les textes. Enfin presque.
Après la lecture bluffante de "La première pyramide" (frisson délectable), j'ai été super contente de lire le texte d'Elie Darco, Une race particulièrement sotte, parce qu'il s'agit de fantasy burlesque. (J'ai écrit 3 textes burlesques dans les 6 derniers mois, et j'adore ça.) Pari réussi pour Elie Darco, sourires et enchantements sont au rendez-vous. Mais attention, le constat qu'elle nous livre là n'est pas aussi léger qu'il y paraît.
On va continuer dans l'humour. I&Co est un texte impeccable de Cyril Carau, où un patron fait usage avec brio de ses talents démoniaques, pour refourguer sa camelote. Là encore, je me suis bien amusée :)
Les autres nouvelles abordent des thèmes un peu moins détendus. Le vainqueur de l'AT La voûte céleste est une passoire nous propose une atmosphère envoûtante où l'angoisse s'installe peu à peu. Pfiou... Plus ça va, plus le niveau est élevé. Ce texte est une perle, je vous assure.
La nouvelle de Menolly (Forget me not), met en scène une petite abeille a-d-o-r-a-b-l-e. J'ai toujours eu envie de caresser une abeille, moi, même si celle-ci me laisse un petit goût de tristesse.
Voilà en bref. J'ai tout lu, hein. C'est toujours bien illustré. En conclusion, je dois écrire un texte pour les Bâtisseurs. Un peu drôle en fait. Va falloir que je fasse un effort, vue la concurrence...
















