Il est des jours que la vie vous vole. Le réveil grince comme une craie sur un tableau, la journée passe sans saveur, le soir arrive trop vite, et vous vous retrouvez dans votre lit, incapable de lutter contre le sommeil qui vous happe sans pitié. Oui, il est des jours trop matériels pour vous laisser à vos rêves.
Et puis, de temps en temps, un enchantement vous tire de cette torpeur.
Ce matin-là, pressée, j'avais besoin de pain, il était encore tôt, à peine huit heures. La brume recouvrait tout. J'aurais dû me douter qu'elle me préparait quelque chose. Des voitures mal garées encombraient la rue principale de Ploudalmezeau. Les fantomes se figeaient sur le trottoir de la boulangerie.
Je remarquai un panneau qui indiquait un parking au coin. Je décidai d'y laisser mon véhicule. Surprise, je découvris une vieille bâtisse de pierre, et à côté, un parc envahi par des arbres. Pas n'importe quels arbres. Grands. Vieux. Majestueux.

Au sortir de la voiture, j'eus un choc.

Des corbeaux croassaient et agitaient les frondaisons. Pas deux ou trois, des dizaines. Le froissement de leurs plumes, le battoir de leur ailes, le frisson des arbres assiégés me clouèrent sur place. Les corbeaux tenaient les hauts, avec un entrain pavé de sarcasmes stridents. Ravis de ce vacarme, ils exultaient d'effrayer les hommes, lesquels se hâtaient de regagner la rue.
Incrédule, sidérée, je me tenais à la lisière de leur domaine, remuée dans les tréfonds de ma chair par cette magie qu'ils me jetaient à la figure. A travers eux, l'imaginaire défiait la réalité.

Dans les lectures et les écrits, on rêve ce genre d'instant.
Et une maison d'édition pour me faire publier !!! Mouahahahahahah!
Je ferais en sorte que toute la planète devienne écolo !
Survivor, oui, vous lisez bien. Le lambri est un ennemi à n'en pas douter. Même Robert réfléchirait à deux fois avant de s'y attaquer... Pourtant, c'est à la portée de tout le monde, car si j'y suis arrivée, tout le monde peut en poser.
Imaginez donc. Empilage de lames à l'horizontale.
Armé(e) d'un marteau (ou d'une masse, ça dépend) et d'un martyr (un bout de bois qui prend cher à la place d'un autre), vous assenez vaillament des coups sur une planche rebelle longue de 2m40, épaisse de 2 centimètres pour l'emboiter dans la planche d'en dessous. Quand la première lame s'emboîte d'un côté, l'autre extrémité s'empresse de ressortir. Alors vous tapez de gauche, de droite, au milieu, courant énergiquement pour prendre de vitesse le bois (qui est bien vivant, je confirme.)
Bon. Quand la lame récalcitrante est en place, vous mettez des petits clips en ferraille, qui vous abîment le bout des doigts, et vous les clouez. Les clous aiment se tordre, mais à force de taper, je vous assure qu'ils finissent par entrer et tenir.
Donc, bilan de cette expérience:
- le marteau, ce n'est pas un ami
- la masse, c'est le MAL
- le lambri, c'est vicieux comme tout
- Il ne faut pas avaler les clous qu'on tient entre les dents
- Les outils sont fans de la loi de gravité, ils tombent tout le temps
- Les clous aussi sont fans de la loi de la gravité, ils tombent encore plus souvent
- Les courbatures dans les bras, c'est pas pratique pour écrire
- Les hirondelles n'ont pas peur des scies à onglets et autres machines bruyantes, mais elles narguent les appareils photos
Bien sûr, ces quinze derniers jours, je n'ai quasi rien écrit. Ma nouvelle supers-héros est au point mort. J'ai eu une deuxième idée de texte, très chouette, mais je vais tout de suite la renvoyer au placard. La fin de l'AT est pour demain ou après demain. Moralité, il faut que je me magne le train comme jamais. J'ai un peu peur du résultat, mais comme j'ai déjà écrit 30 000 signes, il est hors de question que je jette l'éponge.
En plus, il faut que je trouve un titre.
edit : bon, je suis sauvée, j'ai jusqu'au 15 juin pour l'AT supers héros :D
Merci Blacky et Menolly !
[…] Tous nos opérateurs sont actuellement en ligne, veuillez réitérer votre appel ultérieurement, sinon, merci de patienter…
Tagada tsoin tsoin, tagada tsoin tsoin...
– Hotline Dieux du Discount, Pandore à votre service.
– Ah enfin ! J'ai un gros problème avec un de vos packs chaleur...
– Quel est votre numéro de commande, s'il vous plait ?
– 4002523, et mon numéro client est 486DX
– Monsieur Printemps, c'est ça?
– Voilà. Mon pack chaleur ne fonctionne pas sur la pointe bretagne et il me manque au bas mot 5 à 10 °C !
– Je vois que vous avez passé commande début avril, et que vous avez reçu celle-ci il y a plus de cinq jours.
– Oui, et ça ne fait pas effet. Je veux un échange, au plus vite, et il me faut un pack chaleur +, parce que l'été arrive le mois prochain.
– Le délai légal de rétractation est de cinq jours. Dieux du discount ne reprend ni ne rembourse les articles passé ce délai.
– Oui, mais le pack ne fonctionne pas !
– Il semble que le problème soit localisé à la pointe bretagne, une région ventée, d'après les informations dont je dispose. Nous ne garantissons les effets des packs chaleur que par temps dégagé. Apollon produit un beau soleil, avec une chauffe minimale. Tout ce qui concerne vents, nuages, et pluies correspond aux services d'autres Dieux. Voulez-vous que je vous renvoie vers l'un de ces services ?
– Non ! Je veux que vous m'échangiez ce pack chaleur !
– C'est impossible monsieur. Voulez-vous que je vous passe Hadès, du service Réclamations ?
– Humm, non, ça ira, merci.
– Dieux du Discount vous remercie d'avoir fait appel à ses services.
Tuuuuuuuuut, tuuuuuuuuuuut, tuuuuuuuuut...
Suite à un article de Queenkelly (bien que je n'ai pas encore envoyé mon manuscrit aux éditeurs traditionnels) je me pose aujourd'hui des questions, à savoir quant au bien fondé de l'auto-édition.
Si vous ne savez pas de quoi je veux parler, il s'agit de se publier soi-même, sans passer par un arnaqueur (plus d'info ici sur les autres différentes façons de se faire publier.)
Dans son article, Queenkelly fait référence à la qualité des ouvrages produits via des structures dépourvues de direction littéraire. N'importe qui peut se faire publier à moindre coût, par exemple, sur lulu.com. Parmi ces n'importe qui, il peut y avoir de véritables écrivains, n'ayant pas trouvé de structures réceptives pour un projet particulier, mais aussi des apprentis qui ont travaillé leur texte.
Comme le souligne Queenkelly, l'absence d'un directeur littéraire se sent au travers de maladresses de style, de narration, de cohérence... Bref, cette porte ouverte, cette solution de dernière chance est-elle satisfaisante ? Faut-il vouloir être édité à tout prix, même par soi-même, si on sait que la qualité s'en ressent ?
J'ai déjà lu quelques manuscrits, certains demandant plus de travail que d'autres, avec dans le lot, celui de C. qui se détache nettement. Tous ces bouquins potentiels, avec un bon travail de finition, seraient très agréables à lire. Ils ne méritent pas de finir à la corbeille. Et leurs auteurs se donnent à fond.
Pendant un temps, je clamais que si tous les éditeurs refusaient un bouquin, il y avait des raisons, aussi était-ce inutile de chercher à l'imposer au moyen du compte d'auteur.
"Il faut savoir se faire une raison."
TADA !
J'en suis un peu moins sûre aujourd'hui. Nous (apprentis-)auteurs, n'écrivons-nous pas des textes qu'il nous aurait plu de lire ? Même si le résultat à compte d'auteur n'est pas à la hauteur du résultat à compte d'éditeur, n'est-il pas possible que le lecteur s'y retrouve ?
S'il est indulgent, oui. Du moins, c'est ce qu'a dit Queenkelly.
Je crois que je me satisferais sans peine de quelques lecteurs spontanés si tous mes essais se voyaient refusés par les éditeurs traditionnels. Mais mon soucis de perfection (impossible et gênant travers) me susurre un avis contraire. Heureusement, je n'en suis pas encore là, j'ai un peu de temps pour y réfléchir. ;)
A lire : le témoignage de Emmanuel Guillot, publié à compte d'auteur, pour ceux que ça intéresse.













