
Il arrive qu'on ne puisse échapper à nos obligations quotidiennes, celles que les mondes imaginaires effacent pour quelques heures. Dans ces moments où la réalité nous rattrape, comme aujourd'hui, on avance la tête pleine de rêves, d'images, de mots, et de personnages qui parlent dans le vide.
On voit le jeune William faire chanter le rossignol de Madame Browne, la lumière traversant la fenêtre du salon et illuminant son visage réjoui. On observe Keegan, le visage en sang, repousser d'un violent coup d'épée son premier ennemi. On entend les tambours qui battent le rappel des troupes. On devine dans l'ombre un grondement sourd, qui vient traverser les âges et effrayer le caniche d'une dame qui passe à côté de nous.
Personne ne les entend ou ne les voit, ces personnages. Mais il me semble qu'ils ne me quittent pas, et qu'à mon quotidien, ils prêtent un peu de leur singularité.
A tous, je souhaite une bonne journée.













