Comme je vous le disais précédemment, en ce moment, je travaille le scénario de mon roman dark fantastique. Je suis en phase de recherche sur les personnages, car l'histoire en elle-même est "bouclée". C'est plus la façon dont les personnages vont évoluer au fil du romanm ainsi que leurs interactions, qui me demande réflexion. Sans compter que je fais des recherches sur leur environnement social (ça se passe au XIXeme à Londres, j'ai pas choisi le plus simple, je le reconnais...)
Pour situer un peu, l'ambiance est "lovecraftienne", mais on sent une influence "comics" (marvel). Enfin, d'après les commentaires que j'ai eu pour la nouvelle "Au Sortir de l'Ombre" (acceptée par le fanzine Nocturne.) Je n'ai pas titré le roman (oui, je me répète) :)
Je ne résiste pas à vous en livrer un extrait. N'hésitez pas à critiquer surtout !
Prologue
Londres, octobre 1884
Les lampadaires à gaz dispensaient leur lumière cireuse et guidaient cette femme, à peine une ombre, qui courait sur le trottoir. À chaque pas, ses pieds nus étaient brûlés par le pavé glacé. Elle se réfugia sous un porche, qui comportait par bonheur un paillasson. Elle s’y accroupit, resserrant son manteau par-dessus sa chemise de nuit.
La maison qui se dressait dans son dos était silencieuse. D’ici, elle voyait bien le carrefour. Elle ne manquerait pas le traqueur quand il arriverait.
Elle fouilla dans les poches du manteau taché de sang. Ses doigts rencontrèrent une boîte d’allumettes, puis un étui ébréché. Le court porte-cigarette qu’elle en sortit puait. Elle fixa l’objet, jauni à l’anche, noirci par la crasse. Son attention se reporta sur le tabac roulé dans de minces feuilles de papier à la qualité douteuse. Voilà donc tout ce qu’elle avait sauvé du désastre…
D’une main tremblante, elle s’alluma une cigarette et tira une longue bouffée. La nicotine ne l’apaisa pas mais la fumée la réchauffa quand elle souffla sur ses mains bleuies. Elle ne sentait plus ses doigts.
Elle se recroquevilla et tenta de mieux se couvrir en ramenant le tissu de sa chemise sur ses chevilles engourdies.
Des larmes roulèrent sur ses joues, creusant des sillons dans le sang qui l’avait éclaboussée. Elle était seule et misérable, rongée par la culpabilité.
Elle aurait dû profiter de ce court moment de répit qui suivait le massacre. Profiter de ce moment où, repus, il l’abandonnait pour retourner au plus profond de l’ombre. Car dans quelques minutes, ou dans quelques heures, il reviendrait. Il était toujours là, quelque part, tapi dans l’obscurité de son âme, à l’observer.
Cette fois-ci, elle n’y parviendrait pas. Elle ne pouvait museler la douleur qui la submergeait et les souvenirs qui lui revenaient.














