Recherche

Des Photos...

W3C

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0

Lundi 27 février 2006

Je me suis demandée quelle était ma plus belle motivation pour écrire (hormis la grandeur, la célébrité, la fortune, etc. qui me sont promises.) Il en existe une, évidente entre toutes :

Tant que dure la lecture de mes textes, mes mondes existent. Pour un temps infime, ils vivent dans vos esprits. Les mots créent une réalité éphémère, c'est ce que je me plais à croire, ou à rêver.

Votre dévouée apprentie,

Syven

Dimanche 26 février 2006

(début)

Plus au nord, une trouée dans la falaise donnait sur une large brèche constellée de grottes.

« Idéale pour nicher. » remarqua Isaque au premier survol des lieux. Au deuxième passage, elle plongea, suivies par ses semblables.

Les cris perçants des oiseaux-glaive tirèrent les obolems de leur torpeur. Effrayés, ces derniers s’envolèrent et se défendirent de leur mieux contre leurs assaillants. Les courtes flammes qu’ils crachaient demeuraient sans effet sur le plumage acier de l’ennemi, deux fois plus gros qu’eux. Leurs corps bruns s’abattirent un à un sur le sol, la gorge déchirée par les serres implacables de leurs adversaires.

Lorsque le dernier obolem fut tué, les oiseaux-glaives quittèrent la faille, tous sauf Isaque qui en rasa le sol. Lwellyn se laissa tomber sur les galets. Ses jambes fléchirent pour amortir le choc, lui assurant une réception parfaite que nul autre qu’un Puissant aurait pu se permettre. Il se mit en marche. Des gerbes de sable et de craie se soulevaient de part en part, s’attachant à ses pas. Les iris du Seigneur des Vents, d’un gris liquide, étincelaient dans son visage noir à l’expression sévère.

Isaque se percha sur un piton de craie. Son cri retentit avec un léger écho. Elle voyait leurs proies, droit devant son Double, cachées derrière un bloc de craie et de silex que le gel avait arraché à la falaise.

Des mots résonnaient en Lwellyn, en son âme, en son cœur, plus terribles que la colère qui l’habitait. Une tornade se forma en l’espace d’un instant, et elle arracha une vague de pierres au sol. Les cailloux tournoyèrent de façon incertaine, puis le souffle grimaçant qui les animait les rassembla. D’un œil curieux, Isaque suivit le tourbillon qui chassa les proies de leur cache, comme un balai ramasse la poussière, avant de s’abattre en une pluie fracassante sur leurs talons.

Trois hommes encapuchonnés dans leurs longs manteaux s’immobilisèrent, essoufflés, devant le Seigneur des Vents. L’un d’eux se redressa avec morgue. Il osa psalmodier un début de cantique qui lui valut de s’écraser violemment contre une paroi rocheuse. Son corps sans vie glissa en douceur jusqu’au sol.

Les deux autres se contentèrent d’esquisser un mouvement de recul, conscients que la colère visible du Puissant n’augurait rien de bon pour leur avenir. Les vents sifflaient avec hargne autour d’eux. Les meneurs échangèrent un regard, puis l’un d’eux se découvrit. Son visage glable accusait une vieillesse prématurée qui ne cadrait pas avec son âge. Les arts noirs le rongeaient aussi sûrement que la haine le dévorait en cet instant.

Il s’inclina avec courtoisie, imité par son acolyte.

« Seigneur, pardonnez notre présence en ces lieux... » commença-t-il d’un ton mielleux.

Des tourbillons inégaux de poussière battirent les étoffes sur les jambes des Hostiles. Le meneur poursuivit : « Ne nous formalisons pas de cet incident. Le peuple du Vèd vit en paix avec le Cercle. Nos obolems n’ont fait aucun mal, ni aux habitants, ni aux voyageurs sur vos routes…

─ Insolent ! Peu m’importe que tes pitoyables animaux n’aient blessé personne ! Leur présence me dérange ! Votre présence me dérange ! Vous n’avez aucune raison de vous trouver ici ! Seules les frontières du Vèd sont marchandes ! »

Les colonnes de poussière montèrent de plusieurs mètres. Le vent griffait les joues du mage noir qui répondit avec diligence : « Votre méfiance est naturelle. Cependant, je vous assure que nos intentions n’étaient pas de vous nuire, soyez-en assuré…

─ Mensonge. » répondit le seigneur des vents, d’un ton sans réplique possible.

Le calme revint soudainement. Les tourbillons s’apaisèrent et la poussière retomba au sol. Le meneur préféra se taire. Du sang chaud perlait des coupures de ses joues.

« Vous avez choisi un endroit parfait pour nicher. » reprit Lwellyn, sarcastique. « Pourtant, il me semble que votre maître n’a pas requis ma permission pour installer une colonie d’obolems. J’espère que vos intentions sont aussi louables que vous le prétendez, car vous allez devoir m’éclairer sur ce point. »

Le silence obstiné du meneur ne lui plut pas. L’air s’engouffra sous sa robe et l’emmena à trois bons mètres de hauteur. Il ne cria pas. Seuls ses yeux écarquillés trahirent sa peur.

« Il est difficile de faire parler les mages noirs, en règle générale, mais je me targue d’obtenir de meilleurs résultats que la plupart des gens.

– Vraiment ? » s’enquit une voix grave.

(fin)

Ici pour revenir à l'accueil

Vendredi 24 février 2006

(début)

Lorsque l’escorte fut en vue de la crique, les oiseaux-glaive abandonnèrent leur reine et s’éparpillèrent pour décrire de larges cercles dans le ciel tourmenté.

Au village, une cloche sonna sourdement dans le vent persifflant. Tout le monde abandonna sa tâche pour assister à l’évènement. Des enfants jaillirent des maisons, et le doigt levé, ils suivirent le passage du royal oiseau-glaive au-dessus des toits d'ardoise. Dès que le fabuleux au ventre cuivré eût repris de l’altitude, les gamins surexcités se précipitèrent vers la petite place qu’on débarrassait à la va-vite.

De son œil perçant, Isaque jugea l’espace suffisant pour atterrir. Elle piqua. Au dernier moment, elle se freina de ses immenses ailes pour se poser, gracieuse, sur le sol détrempé. Lwellyn sauta aussitôt à terre, son bel habit de cuir blanc arrachant des cris de ravissements aux spectateurs.

Le vieux chef du village, essoufflé, remit en place d’un coup sec sa cape usée et s’inclina, imité par les autres villageois. D’un geste de la main, Lwellyn les enjoignit à se relever. L’assistance reçut ses salutations avec recueillement. Il fallut que le vieillard congédie les habitants pour que ces derniers se dispersent avec force soupirs.

Les enfants ne se sentirent pas concernés par ce rappel à l’ordre. En pleine extase, ils se pressaient les uns contre les autres à distance respectueuse d’Isaque, effrayés par sa taille, émerveillés par l’or chatoyant de ses ailes.

Un adolescent surmonta sa crainte pour lui offrir un lapin. Conscient de la valeur de cette minuscule proie, le grand rapace s’en saisit avec délicatesse. D’un mouvement de gorge, il engloutit goulûment le présent. Puis ses yeux bleus détaillèrent le garçon qui retenait sa respiration, les joues rouges de fierté. S’enhardissant, ce dernier approcha la main.

Mais le Fabuleux se désintéressa soudainement de lui, comme de ses autres admirateurs. Son attention se fixa sur Lwellyn, atterré par les nouvelles que le vieil homme lui donnait.

« Vous dites que les villageois en ont vus à plusieurs reprises depuis trois semaines ?
─ Oh ! Ils ne sont pas nombreux, une dizaine tout au plus ! » le rassura le chef du village. « Mais, vous savez comme moi Seigneur, que les Obolems ne sont pas très discrets quand ils manquent de gibier. »

Lwellyn acquiesça, le front barré d’un pli soucieux. Ces rapaces, deux fois plus petits que les oiseaux-glaives, appartenaient aux mages noirs du Vèd, qui les domestiquaient depuis de nombreux siècles. Les Meneurs, ainsi que les hostiles les nommaient, dressaient les Obolems pour surveiller les frontières des Vèd Issans, ou pour prendre part aux campagnes hostiles quand ceux-ci entraient en guerre.

Le Seigneur des Vents avait toutes les raisons d’être inquiet. Si on avait vu dix obolems ici, il pouvait y en avoir cent ailleurs. Le danger ne guettait pas les Cités Suspendues, jalousement gardées par les oiseaux-glaive ; les craintes de Lwellyn allaient à tous ces petits villages nichés au creux des falaises.

Le Seigneur des Vents demanda quelques indications supplémentaires à son interlocuteur qui s’empressa de lui fournir tous les renseignements dont il disposait. Ce dernier se réjouissait que le Puissant prît l’affaire en main. Lwellyn aurait pu se contenter d’envoyer une escadrille de gardes-glaive nettoyer le nid. Mais ce n’était pas le genre d’homme oisif à se reposer sur ses subordonnés. Son peuple l’aimait à juste titre.

Isaque se baissa. Lwellyn attrapa son harnais et se hissa à la force des bras sur le cou luisant du Fabuleux. Le royal Oiseau-glaive s’appuya et sur ses pattes et sur ses ailes, pour décoller sans effort, sous le regard ébahi des enfants.

La Reine gagna très vite de l’altitude. L’escorte vint aussitôt reprendre place derrière elle.

« Hier, des espions hostiles dans nos cités, aujourd’hui des obolems… » glissa Lwellyn à son Double, sous couvert d’une de leurs pensées.
« Le Vèd nous provoque. » dit-elle.

Dans l’esprit d’Isaque, il n’existait pas de place pour l’incertitude.

(suite)

Ici pour revenir à l'accueil

Jeudi 23 février 2006

Oui, je l'ai reçu ! Le roman qui concurrence Da Vinci Code, le livre qui va me permettre de tenir mes résolutions, le bouquin qui va me réconcilier avec les policiers, j'ai nommé l'Ombre de Monfort, écrit par la talentueuse Patricia Parry !

La preuve (cliquez sur l'image pour savoir où vous le procurer):

Cliquez pour le commander vous aussi !

PS: Bon, Smoke boude en ce moment, et il a mal accepté le fait que je le poursuive avec l'appareil photo...

Mercredi 22 février 2006

Je l'avais promis à Roanne, alors, voici ma vision technique des dialogues (dans les grandes lignes).

Dans un roman, une nouvelle, ou un texte en général, les dialogues contribuent à donner vie aux personnages. Ils rompent la monotonie du récit (par exemple, d’un voyage) et apportent des informations essentielles au lecteur sur la personnalité des intervenants, sur la progression de l’histoire, sur les informations que détiennent chacun, etc.

Ce n’est pas évident d’écrire un dialogue. Il y a quelques paramètres à prendre en compte...

  1. Le dialogue doit avoir un but.

Comme dans tout élément de texte, il ne doit pas être vain ou faire office de bouche trou. Il ne doit pas faire joli ou juste « rompre la monotonie »: quand on écrit un dialogue, il ne faut pas perdre de vue où on veut en venir.

Si les personnages devisent de la pluie et du beau temps (voire de philosophie) pendant une page sans apporter d’information concrète relative à l’histoire, autant le supprimer. Attention cependant, si vos personnages parlent de tout et de rien mais que le dialogue montre par exemple, la passion croissante de un-tel pour une-telle, ou une soudaine tension au sein d’un groupe, le dialogue est utile.

  1. Le dialogue doit être clair pour le lecteur.

Sans préciser qui parle à chaque réplique, vous devez vous assurer qu’il n’y a aucun doute sur qui prend la parole. Cela passe par la façon de s’exprimer du personnage, qui doit être révélatrice de son caractère, de ses origines (accents, expressions), de sa fonction, etc.

Par exemple, un capitaine de vaisseau va essentiellement donner des ordres à son équipage et il sera autoritaire dans ses dialogues.

Toujours dans la clarté, l’état d’esprit de chaque personnage doit être limpide : cela passe par la ponctuation et par les verbes qui émaillent les répliques de chacun (« s’exclamer, répondre fraîchement, s'étouffer de surprise, etc. » ).

N’oubliez pas de varier le vocabulaire pour éviter les répétitions, et n’en faites pas trop non plus, histoire que vos persos ne soient pas agités de tics.

Exemple :
– Je te l’avais dit ! s’insurge Lola en se tripotant les cheveux.
Marc lève les bras au ciel : N’importe quoi !
– C’est celui qui dit qui est répond-elle en lui faisant un clin d’oeil.
(Imaginez 15 lignes comme ça où vos personnages bougent dans tous les sens…)

  1. Le dialogue ne doit pas être trop long pour être efficace.

Le dialogue et les répliques ne doivent pas s’éterniser. Si le discours est trop long et trop plein d’informations, le lecteur risque d’oublier une partie d’entre elles. Evidemment, il y a un juste milieu, mais autant aller à l’essentiel, et ne mettre que ce qui est important.

Il faut faire attention à ce que le dialogue soit dynamique, même en cas d’explication fournie par un personnage à un autre. Cherchez l’efficacité en faisant des phrases plus courtes ou plus directes. Ponctuez par des exclamations, ou des questions. Il faut que ce soit vivant.

  1. Le dialogue est interprêté par le lecteur.

L’important dans le dialogue, c’est aussi ce qu’il dit entre les lignes au lecteur, en plus de l'objectif qu'il atteint: tous les petits détails sont importants. Ce « texte entre les lignes » doit faire partie de votre stratégie pour faire suivre le fil du scénario au lecteur.

Par exemple : le dialogue montre que la tension grimpe dans un groupe; on y devine que le chevalier Zaka n'aime pas le rodeur Oudourh, même s'il ne l'avoue pas ouvertement. Ce dialogue fait partie des éléments qui crédibilisent un affrontement avenir entre les 2 personnages.

Quelques Conseils

  • Surtout, ne bâclez pas les dialogues : ça se voit.
  • Pour savoir si un dialogue est bon, il n’y a rien de tel que le lire à voix haute en jouant les personnages comme au théâtre : ça aide à placer la ponctuation, à voir quand c’est trop long, etc.
  • Si vous avez une longue réplique, mais impossible à raccourcir, faites faire une pause au personnage qui parle. Par exemple, « Elaine reprit son souffle sous l’œil attendri d’Isidore » ou « Sylvie s’interrompit pour boire une gorgée de thé. »
  • Evitez les banalités du genre "bonjour, au revoir" pour ouvrir ou fermer le dialogue. Vous gagnerez à dire que les personnages se saluent puis entrent dans le vif du sujet. Vous pouvez aussi laisser sous-entendre la fin d’une conversation en l’arrêtant une fois que vos objectifs sont atteints. Par exemple, en sautant à une autre scène du livre ou en finissant sur : "Et ils devisèrent sur le sujet encore de longues heures. » (c'est schématique, il y'a moyen d'être un peu plus fin que ça.)
  • Evitez de répéter ce qui a déjà été dit dans un autre dialogue. Optez pour un : « Le gamin rapporta sa conversation de la veille avec le maître d’arme. »
  • Ne focalisez pas seulement sur le but du dialogue. Il doit servir les personnages : vous, vous n’oubliez pas le but, mais les personnages ne doivent pas perdre de vue leur intérêt personnel de prendre part à la conversation.
  • Ne faites pas dire des choses évidentes comme leurs sentiments aux personnages. Par exemple, si Sarah est en colère, elle ne va pas dire : « Je suis en colère ! » On se doutera bien mieux qu’elle est furieuse, si elle hurle après l’individu qui l’a mise en colère.

La plupart de ces éléments viennent naturellement à l'auteur qui les revérifiera en relecture. Les exemples que je donne sont très schématiques. Mais j'espère avoir en partie traité le sujet !

Ici pour revenir à l'accueil 

créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus