Dans la catégorie rateau, je veux... Aller-Simple.
Quand j'ai fini ce texte, j'en ai tiré une grande joie (pour ne pas dire fierté). Bien rare est pour moi le bonheur d'écrire une nouvelle si vite, sans peine et sans effort. Car en général, j'ai tendance à élaborer un monde complexe, à mettre en scène trop de personnages, voire à privilégier un scénario qui ne cadre pas avec le format imposé de la nouvelle. Cerise sur le gateau : la révision du texte n'avait pas été un calvaire.
Mais le texte n'a pas été choisi. D'abord parce qu'il fallait faire un choix, ensuite pour diverses raisons. Il semble que le texte soit disproportionné. Certaines parties, celles du début, ont semblé trop longues. Je pourrais le justifier. Comme on évolue du burlesque vers l'irréel, j'ai voulu faire basculer progressivement le lecteur dans l'imaginaire. Puis une fois dedans, il se fait happer avec le personnage. Enfin, ça c'était ce que je voulais faire.
J'ai repris le texte, éclairci certains points, car la critique que j'ai eu mettait très justement certaines faiblesses en avant, mais, pour cette histoire de rythme, j'ai bien réfléchi et finalement, j'ai l'impression que, soit je ne suis pas prête, soit, je ne sais pas encore faire. ;)
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Aller simple.
Tout a commencé à Paris, lundi matin très tôt, à cause d’un distributeur bancaire du métro. J’ai inséré ma carte dans la fente, j’ai composé mon code, j’ai sélectionné le plus petit retrait, j’ai validé et j’ai attendu. L’engin m’a informé qu’il contactait ma banque (…), puis que l’opération était acceptée (…) Il m’a indiqué de reprendre ma carte pour obtenir mes billets, et naturellement, je l’ai retirée quand elle est ressortie de la fente.
La machine a fait des bruits de caisse enregistreuse mais la trappe à billet ne s’est pas ouverte. L’écran indiquait : « Veuillez prendre vos billets ».
Je lui ai flanqué un coup de pied. L’automate n’a pas bronché.
Je suis étudiant et je ne roule pas sur l’or. Les bourses ne suffisent pas pour mener une vie décente à Paris, alors j’ai aussi un petit boulot d’homme de ménage à la morgue qui me permet tout juste de boucler les fins de mois. Autant dire que je n’allais pas renoncer facilement à mon argent.
J’ai secoué l’engin, tant et si bien que l’écran s’est mis à clignoter :
« Veuillez prendre vos billets »
« Veuillez prendre vos billets »
« Veuillez prendre vos billets »
« Veuillez prendre vos billets »
J’ai craqué, je ne sais pas ce qui m’a pris, j’ai menacé le distributeur : « Ecoute-moi, je veux mon argent ! Tu as intérêt à réagir dans la seconde, sinon je t’ouvre comme un cochon ! »
Vous ne me croirez pas, mais la trappe s’est ouverte ; j’ai saisi le billet et elle s’est vite refermée. Aussitôt l’automate a affiché : « Merci de votre confiance, au revoir ! »
Sauf que ce que je tenais entre mes mains n’était pas un billet de banque ! C’était un billet d’avion au départ de Roissy Charles de Gaulles à destination de Jamayo, émis par Bazabel Airlines.
Je l’ai tourné et retourné entre mes mains dans la plus parfaite incrédulité. Il était à mon nom, Anton Louvent. C’était un aller simple pour Jamayo, une ville dont je n’avais jamais entendu parler.
Je suis resté planté devant la machine qui déroulait une animation publicitaire, l’air de rien. Au bout d’un moment, j’ai décidé de me rendre au comptoir de Bazabel Airlines pour récupérer mon argent.
Le trajet en métro jusqu’à l’aéroport a duré une bonne heure et tout ce temps là, j’ai contemplé le billet. Un jour prochain, me suis-je alors promis, je serais chirurgien, je m’offrirai des vacances de rêves et ce sera en première classe que j’irai au soleil.
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Charles de Gaulle m’a semblé immense. Je suis resté scotché dans le hall, Porte F, à regarder défiler des familles qui poussaient leur porte-bagages surchargé, des hommes d’affaire qui trimballaient leur attaché-case, et des groupes de touristes étrangers qui discutaient avec insouciance…
J’ai fait le tour des agences de voyage et des compagnies aériennes. Le nom de Bazabel Airlines disait bien quelque chose à ceux et celles que j’ai interrogés, mais personne n’a pu me renseigner.
Il était huit heures passées, presque neuf, et j’allais rater les premiers cours de la matinée. Désespéré, je songeais au TD d’anatomie auquel j’aurais dû à tout prix assister, quand j’ai aperçu un petit gars trapu en salopette argentée avec écrit sur le dos, en grand, Bazabel Airlines.
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Edit Syven: Aller-Simple par chez Black Mamba !














