Suite à vos protestations, aux manisfestations prévues en ce jour pour sauver Robert, et à cause des nombreuses lettres de menace que j'ai reçues, j'ai décidé que je ne tuerai pas Robert.
Il voulait vous écrire un petit quelque chose pour vous remercier de ce soutien, mais il a à peine aligné trois mots avant de s'endormir sur son parchemin (qui n'était pas encore sec).
Que voulez-vous, le Chevalier Robert n'a rien d'un scribe, il s'y connait mieux en pansage de chevaux et maniements d'arme.
Bref, je vous promets une de ses aventures dès la semaine prochaine.
Il y a bien longtemps que je n'avais écrit d'article technique. Je me pose la question de savoir si ça intéresse vraiment les gens qui fréquentent ce blog.
Effectivement, comme c'est mon blog, je pourrais décréter que j'ai bien le droit d'y écrire ce que je veux. Certes. Mais on écrit pour être lu (quelque part, avouons-le), et si ces articles ne sont guère utiles, pourquoi me fatiguerai-je ?
De plus, la sortie chez Bragelonne de Comment écrire de la fantasy et de la science-fiction par Orson Scott Card a suscité une levée de boucliers sur certains forums que je fréquente. Les arguments qui m'ont marquée sont les suivants (je ne m'étendrai pas).
- Le reproche quant à la forme schématique des conseils donnés.
- L'orgueil et la prétention des gens qui dispensent de tels conseils.
Sur un forum, je n'ai pu m'empêcher d'intervenir, bien sûr. D'opposer qu'il est bon de se confronter aux techniques des autres. D'ajouter que les auteurs de livres de ce genre ont envie de partager ce qu'ils ont appris (même si comme moi, il s'agit de peu de chose), de conclure qu'il est peut-être plus orgueilleux de croire qu'on a rien à apprendre d'un type comme Orson Scott Card.
Je pense que les auteurs débutants n'ont pas toujours une idée claire du travail à faire sur un texte pour le rendre agréable à lire. Voilà pourquoi je m'étais lancée là-dedans.
Mais je ne veux pas non plus qu'on me prenne pour une orgueilleuse. Même si, soyons honnête, ça me plait bien d'y aller de mon petit commentaire, et de réfléchir sur mes propres erreurs en somme.
Et il y a Robert. Si je le tue, le bougre, il faudra que je fasse cela en beauté. :)
Crédibilité : Valeur subjective, accordée par les autres, à partir de leurs critères, en fonction de leur perception.
Dans le cadre des littératures de l'imaginaire, la crédibilité est une notion piège, particulièrement délicate. On peut croire que l'auteur est libre d'écrire tout ce qu'il souhaite, du moment qu'il reste cohérent.
Mais ce n'est pas tout à fait exact. La cohérence d'un texte, même parfaitement maitrisée, n'assure pas la crédibilité dans tous les cas.
Admettons que vous écriviez une nouvelle mettant en scène des super-héros, dont Superman et Batman (soyons fous). L'action commence à Lampaul-Plouarzel, dans le finistère nord, en France. Tout est parfaitement ficelé. Bref, cohérence à 100%. Mais crédibilité, combien selon vous ?
La Bretagne, est-ce trop près du lecteur pour que ça fonctionne et qu'il s'immerge dans le texte ? Sans doute. Si vous placez le même texte à Susalito, en baie de San Francisco, ça marchera mieux. Pourquoi ? Parce que dans le cas des aventures de Batman et Superman, le contexte "super-héros américains" associés à ces noms est trop lourd pour que vous placiez à votre gré dans la campagne française.
Vous me direz que si, c'est possible d'une façon ou d'une autre. On peut créer une histoire qui emmène les héros jusqu'à Lampaul-Plouarzel. Mais, si on fait commencer l'histoire, non comique, à Lampaul-Plouarzel, l'effort pour convaincre le lecteur est bien plus grand. Imaginez que la première ligne du texte soit :
"Superman survolait Lampaul-Plouarzel, fouillant du regard les plages de sable où les bretons vagabondaient pieds nus en cette fin d'après-midi."
Pourtant, Superman, il peut voler où bon lui semble dans le monde, et les plages de sables existent bien en Bretagne. Et si, on peut s'y promener pieds nus, il ne fait pas si si froid en mai. Donc techniquement, c'est possible (ou cohérent.) Mais le lecteur risque de pas trop y croire. La meilleure solution, dans ce cas, c'est de délocaliser (on se débarasse du problème.)
Suivant le problème, on peut justifier dans le texte : en gros, on prépare le lecteur de sorte à ce qu'il accepte naturellement cet état de fait. Et dans ce cas, on fleurte avec la question de la cohérence.
Ce sujet n'est pas clos. Je n'ai pas l'impression d'avoir fait le tour.
Et vous, vous en pensez quoi ?
Edit: Je republie cet article que j'ai développé dans les Aventures de Robert.
Pour vous donner une idée du tour de force que représente la publication d’une nouvelle dans le cadre d’un appel à textes, voici quelques diagrammes présentant le cycle de vie de cet heureux texte, ainsi que de ceux qui échoueront.
Phase 1
La phase 1 correspond à la phase d’élaboration et de soumission d’une nouvelle. Elle met l’accent sur les relectures qui accroissent les chances de sélection de votre texte.

Notez que certains éditeurs vous enverront des commentaires détaillés avec leur refus. Ce n’est pas systématique, car ils refoulent une multitude de textes, aussi les moyens leur manquent pour expliciter leur refus.
Ça ne doit pas vous empêcher de soumettre votre texte ailleurs. En effet, un texte (ou un roman) qui ne correspond pas aux critères d’un éditeur en particulier, peut très bien trouver un autre preneur. Néanmoins, prenez le temps de relire votre texte avant chaque nouvel envoi. Avec le temps, on pose un regard neuf sur ses écrits, et on peut très bien trouver des failles qu’une ultime correction éliminera.
Car si vous parvenez à la phase 2, i.e. si votre texte est accepté, ne croyez pas que vous avez fini votre boulot. Vous aurez de nouveaux ajustements à faire ou à négocier avec l’éditeur.
Phase 2
La phase 2 met l’accent sur les modifications demandées par l’éditeur, et montre son travail (très simplifié dans ce schéma.)

Vous pourrez refuser certains changements (l’éditeur n’est pas le bourreau qu’on croit), mais n’oubliez pas que ces corrections vous sont demandées dans le but d’améliorer le texte, pour son propre bien. Aussi devez-vous bien réfléchir avant de les refuser. Prenez la peine de comparer le texte avec et sans la correction demandée. Vous saurez alors si le choix est bon ou mauvais.
Si les corrections apportées au texte sont acceptées, c’est à l’éditeur de jouer et il ne vous reste plus qu’à attendre la case Félicitations ! C’est-à-dire que le texte parte chez l’imprimeur. Il se peut que vous validiez le bon à tirer, mais bien souvent, vous n’aurez rien à faire.
Voilà un article technique qui ne servira pas qu'aux écrivains (en herbe ou pas). Cet article est pour toute personne souhaitant écrire un texte.
Avant de commencer à écrire un document, un article de blog, une lettre, une nouvelle, un roman, il faut (en théorie) se demander à qui le texte s'adresse. Pourquoi? Parce que l'écrivain et le lecteur sont deux personnes distinctes qui ne partagent pas toujours les mêmes connaissances. Par exemple, un médecin qui écrit un mémo à l'adresse d'un autre médecin, va employer des termes techniques qu'il n'utilisera pas (sans les expliquer) pour s'adresser à son patient.
Cette question "quel public?" est fondamentale, car sa réponse va conditionner votre écrit. En fonction du public visé, vous ne vous autoriserez pas les mêmes sujets, la même finalité, le même vocabulaire, etc.
Mettons que vous écriviez un conte pour enfant entre 6 et 10 ans.
En terme de vocabulaire, vous allez banir les mots complexes du type "prognathe" (il y a mille façons d'expliquer que Robert n'est pas très beau), "antropie" (on se demande ce que ça viendrait faire dans un conte), "psychotrope" (si vous lui racontez que Robert a forcé sur les médicaments, vous allez lui faire peur à vot'lecteur). En terme d'histoire, vous allez raconter que Robert est follement épris de la princesse, mais pas qu'il ne pense qu'à trouver un moyen d'atteindre son lit. Quand il va se battre, vous éviterez de forcer sur les détails, type cervelle qui dégouline par l'oeil. De même, en conclusion, vous chercherez peu ou prou à faire une morale (ah ah! Robert ! Bien mal acquis ne profite jamais !)
Transformez cette histoire en nouvelle pour les 18-77 ans, et rien ne sera plus pareil. Il y aura du sang, du sexe, et de la violence (ben oui, on parle de Robert quand même !)













