Avez-vous déjà pensé à faire l'exercice ? Comment vous transformeriez-vous si vous étiez l'un de vos personnages ?
Alors voilà, grand déballage.
Syven est un super-héros.
Chaque matin, elle met son costume de rédacteur technique pour ses clients américains, et se coiffe de sa casquette d'ingénieur développement pour ses clients français. Le jour durant, elle tape, elle tape des lignes de codes pour des démos, elle tape des lignes de docs pour les expliquer. Elle passe pour quelqu'un de compétent (du moins, elle l'espère.)
Sans doute certains de ses collègues la trouvent-ils un peu trop sérieuse (quoique dans son bureau sa crédibilité en a pris un sacré coup, car sa maladresse extrème et ses remarques sorties de la cuisse de Jupiter en font quelqu'un d'un peu bizarre.) Il lui arrive de se transformer en mur, à la réponse un peu "sèche" quand elle refuse de façon catégorique de se plier à une demande. Dans ces cas là, on ne badine pas avec Syven. Le reste du temps, elle est plutôt serviable, enjouée, et visiblement heureuse de vivre. Chaque matin, elle arrive avec le sourire, et quand elle donne le bonjour, elle le pense vraiment.
Pourtant, dans la journée, tandis qu'elle tape, tape, tape, son autre personnalité sommeille. Elle refait surface le midi, et la force à noter tout un tas de choses dans des fichiers textes, ou sur son carnet. Elle l'emmène à survoler les forums, où Syven sait qu'elle trouvera d'autres specimens de son genre. Les écrits l'obsèdent. Les histoires l'obsèdent.
En bon super-héros, Syven est une grande malade psychotique. Elle voudrait sauver tous les écrits, corriger tous les mots écorchés, supprimer tous les usages impropres, et imposer les grands principes de la révision de texte au monde entier ! Mouahahahah !
Heureusement, le soir, quand Syven quitte son travail, elle donne libre court à ses pulsions et s'envole sous les cieux célestes de ses mondes ! Car même si elle n'est pas à sa plume, elle ne fait qu'y penser. Dès qu'un moment de libre se présente, elle relit ses propres écrits, les corrige (désespérée par ses propres erreurs), et en produit de nouveaux au rythme effarant d'un escargot lancé à pleine vitesse.
Son mari, un homme courageux connu sur internet sous le pseudo de Nereij (grand combattant des arènes), la force cependant à avoir une vie sociale. De facto, il subit le contre-coup des mondes, quoique de bonne grâce, car si sa femme écrit, il ne subit pas ses accès de mauvaise humeur due à la frustration.
Pour ses amis, Syven reste une énigme. Est-elle réellement là quand elle discute de tout et de rien ? (Surtout de rien soit dit en passant.) Il lui arrive de décrocher en pleine conversation. On hésite devant son regard vague : pense-t-elle aux vaches qui meuglent dans le champ voisin, ou a-t-elle trouvé le moyen de transformer un canari en dragon ?
Heureusement, sa maladresse la rend drôle. Elle transforme son quotidien en vie épique par sa tendance à romancer tout ce qui lui arrive. Il faut dire que si elle n'était pas si tête en l'air, peut-être se prendrait elle moins souvent les pieds dans le tapis... (Vous saviez que la veille de son voyage de noce, elle s'est croutée sur un parking, s'arrachant la peau des mains et des genoux ? Elle était très mignonne à copacabanna, en bikini rouge, égratignée comme une gamine de dix ans.)
En tout cas, à force de la fréquenter (du moins quand elle n'est pas occupée à on se demande quoi en vérité parce qu'elle ne saurait vous le dire,) ses amis ont compris qu'il ne fallait pas la laisser boire, puis embrayer sur ses écrits, de peur d'y passer la nuit.
Smoke vous en dirait bien quelques mots. Lui, il préfère quand Syven écrit. Au moins, il peut roupiller tranquille à côté. Ou alors, il aime bien se balader avec elle. Ils sortent dehors. Syven marche en pensant à ses personnages, et lui il trottine autour. Parce que sinon à la maison quand elle n'écrit pas, elle passe son temps à lui courir après avec un cochon en peluche assorti d'un grelot ! (Vivement qu'elle ait des gosses, foi de chat persan !)
Nereij rétorquerait à Smoke qu'au moins pendant ce temps-là, elle n'est pas sur son dos. Quoiqu'il est de mauvaise foi, elle cuisine aussi très souvent, et pendant ce temps-là, elle fout la paix à tout le monde. Bon, par contre, pour la femme d'intérieur, on repassera...
Mais la réelle question est : qui est Syven dans ses mondes ?
Elle serait l'Ange de la Course de la Lumière, celle de la légende, dont la colère ramène les hommes à la conscience de leur sort.
Mais pourquoi n'ai-je pas acheté de la soupe en sachet pour le goûter ??? Trop bon la soupe à la tomate... Avec des p'tites pâtes...
On ne travaille jamais trop ses personnages. Et pour se faire, il faut se pencher sur les facettes de leurs personnalités. Quand on vous reproche la platitude d'un personnage, ça peut être justement parce que vous n'avez pas exploré ses multiples facettes, ou que vous ne l'avez pas mis en situation de les exprimer.
La constance humaine n'existe pas. Nul ne reste fidèle à lui-même (à 100%), chacun change en fonction de ce qui lui arrive, en fonction de ses aspirations. D'autant plus que dans une histoire, le personnage est balloté et poussé à des comportements "extrèmes."
Prenons Robert. Qu'est-il ? A travers nos exemples, il a montré peu d'intelligence, de l'orgueil, de la maladresse confinant à l'idiotie, et la fidélité à son roi. Sa plus grande passion reste les beuveries dans les auberges, et son seul rêve qu'il ne réalisera pas est d'attirer l'attention de la fille du roi. Pour le moment, il nous fait rire ou sourire dans le meilleur des cas. Alors, qu'a-t-il d'intéressant à proposer ?
Il peut devenir un boucher sur un champ de bataille, en avoir conscience, et noyer dans l'alcool le fait qu'il ne soit pas le preux qu'il prétend être. Mais là, on change de ton. On peut envisager une rupture de ton, mais à certains moments du récit, par exemple pour faire passer un message sur la violence humaine, tout en restant prudent. (On se dirige vers le hors-sujet là quand même.)
Quoiqu'il en soit, Robert n'est qu'un homme simple que la vie de chevalier a déguisé en fervent serviteur du roi. Il aurait été tout aussi bien dans une ferme à traire des vaches. Même un homme simple peut montrer dans sa vie de tous les jours des comportements différents en fonction de ses interlocuteurs. Donc, continuons avec Robert.
L'une de ses facettes est qu'il se sent mal à l'aise à la cour du roi. Bien que chevalier, un peu limité par ses capacités intellectuelles, il sait qu'il ne passe pas pour une lumière, et c'est bien ce que le roi apprécie. Quand il cause avec l'entourage de sa majesté, il est réservé. Il s'exprime peu, il évite de fricoter avec les indigents. Il sait que ça contribue à donner l'impression qu'il est respectable, voire incorruptible.
Quand il est au château, il s'arrange toujours pour passer un peu de temps avec les soldats, qui l'accueillent toujours bien parce que c'est un fameux guerrier. Il en apprend de belle sur ce qui se passe au château. Là, il cause, enfin, surtout, il boit. Cela lui permet de se tenir informé, et de ne pas avoir l'air trop couillon quand le roi le convoque.
Quand il est à l'extérieur, en mission, il donne du mon brave à tous ceux qu'il rencontre. Il croit que ça le rend sympathique. Mais bon... Et il roule des mécaniques dès qu'il voit une donzelle.
Quand il est chez lui, sur ses terres, il est bien vu. Il laisse le palefroi aux paturâges, sort ses braies, fait des travaux manuels : il répare des clôtures, le toit du grenier à grains... Il rend visite à ses paysans, et s'assure qu'ils ne craignent pas les pillards. Le soir, il raconte des histoires au coin du feu aux enfants de ses gens. Il ne réfléchit pas plus que d'habitude, mais il n'a pas besoin de se torturer avec ça. Et surtout, il ne fait pas de "cinéma".
Voyez, on peut réfléchir pas mal sur un personnage, même sur un gars comme Robert qui n'est pas trop compliqué.

En avant première, voici le logo qu'Alda nous a fait (car on peut dire que je ne suis pas capable de traiter même une pauvre photo avec photoshop...)
Qu'est-ce qu'on dit ?
Merci Alda !
Et rendez-vous le 15 novembre pour en savoir plus !
... c'est épuisant.
Non mais sans blague !
Ce mois-ci, c'est le nanowrimo. Rendez-vous compte ! Une grande partie des écrivains en herbe en lien de ce blog (je vais pas tous les citer, hein) s'est lancé un grand défi ce mois-ci : pondre 50 000 mots en un mois, celui de novembre.
Bon. Avec tout ça, Alda illustre un webzine, celui de nuits d'almor, lancé par Dahud. Roanne a écrit plus de 800 000 signes en un an. Patricia en est déjà à son troisième roman (sans compter qu'elle a eu un encart dans femme actuelle.)
Bref. Tout ça. Et moi qu'ai-je fait cette année ? J'ai écrit quelques nouvelles. J'ai réécrit les 250 000 premiers signes de la Course de la lumière. J'ai commencé le roman Au Sortir de l'ombre. J'ai écrit 4-5 docs techniques. * grince des dents * J'ai carrelé ma salle de bain, ce qui m'a privé d'écriture de juin à septembre.
Alors, je vais prendre une nouvelle résolution. Je laisse tomber la fin de la correction de la Course de la Lumière pour fin 2006, j'y arriverai pas. C'est pas pour autant que j'arrête, non non non, je poursuis la correction, mais je cesse de me torturer avec le "faut que je finisse" qui ne marche pas.
Par contre, je vais écrire 25 000 signes chaque semaine pour Au Sortir de l'Ombre (mon roman dark fantastique.)
Alors oui, c'est risible quand on pense au nanowrimo. Mais moi j'ai l'excuse suprême ! Je suis enceinte et je roupille tous les soirs ! Remarquez, j'ai au moins une deadline que j'arriverai à tenir : mai 2007, le miracle de la vie.













