Hier, un ami m'a posé une question intéressante à laquelle j'ai été bien en peine de répondre. Il m'a demandé pourquoi j'avais choisi d'écrire de la littérature fantastique et fantasy (et SF à l'occasion, mais c'est devenu rare).
Pourquoi ça, et pas autre chose ? Vous allez rire, je n'y avais jamais pensé.
J'ai bafouillé que j'aurais bien aimé avec des pouvoirs pour changer le monde. Après, j'ai hochetouillé à propos d'une de mes nouvelles où j'argumente que c'est à nous tous de changer le monde.
Bref. Je n'ai pas donné de véritable réponse, je ne savais pas.
Alors j'ai demandé à mon mari, Nereij, qui m'a répondu par une autre question:
– Est-ce que le monde tel qu'il est te fait rêver?
– Non. Je préfère mes mondes.
Voilà.
Vous n'y avez peut-être jamais pensé, mais les écrivains sont des athlètes méconnus! Au même titre que les pianistes et les chanteurs ! Eh oui ! On le reconnait ne serait-ce qu'à leurs petits doigts musclés qui tapent toute la semaine, WE compris sur leurs claviers !
À force de se courber sur leurs cahiers et sur leurs claviers, ces pauvres hères se font mal au dos, tout ça par pure abnégation, et pour poursuivre leur dur labeur, ils ont besoin de faire du sport.
Le sport éclaircit les idées, stimule l'imagination et permet de défouler les ondes négatives (refus des éditeurs, problèmes divers de relecture et de structuration du récit.) Sans compter que le sport favorise la créativité (c'est fou le nombre d'histoires qu'un écrivain peut se raconter pendant qu'il enchaine les longueurs à la piscine.)
Donc voilà. L'écrivain est un sportif. Aussi, Syven a-t-elle dignement pris cet élément en compte pour son apprentissage, car aujourd'hui, eh oui, applaudissez bien fort messieurs dames, elle est allée à la piscine !
Quel courage, quelle abnégation ! Tout ça pour continuer à écrire de belles histoires sans trop souffrir de son dos ! La preuve en image...

Aujourd'hui, je n'ai pas beaucoup de temps à moi. J'avais prévu un long article technique, n'est-ce pas, mais il n'est pas fini. C'est promis, ce sera pour demain.
Donc aujourd'hui, pitit article, qui va vous dévoiler une information exclusive sur ma personne. Si-si. Je vais vous montrer mon atelier d'écriture : mon lit.
Là, mon lit après le travail.

Notez, Smoke sait gagner ses croquettes, il est toujours présent en temps de créativité intense. Il lui en coute beaucoup d'efforts (ça le tue de me voir bosser.)

Pourquoi je travaille là la plupart du temps ?
Je n'ai pas à proprement parler de bureau où m'isoler (il vaut mieux me laisser tranquille quand j'écris) et ma table de cuisine est inconfortable. La canapé est toujours squatté par le chat. Bref. Voilà pourquoi j'ai des encyclopédies et des dictionnaires sur ma table de chevet.
D'ici quelques mois, j'aurais un vrai bureau, avec plein d'étagères que je couvrirai de bouquins. Le rêve :) Quant à savoir si je m'y installerai pour écrire, c'est une autre histoire !
Il y a des petits tracas d'écrivains dont on ne parle pas souvent (je trouve), parmi eux, le traitement de texte. Vous allez sans doute penser : "qu'est-ce qu'elle râle cette semaine !" C'est normal, c'est toujours comme ça quand je suis malade.
Au fil des siècles, la modernité a considérablement amélioré le quotidien de l'écrivain, il faut bien l'avouer. Exit les tablettes de cire, le parchemin, le vélin, le papier, les plumes qui faisaient des taches d'encre, le stylo-bille, la machine à écrire, voici venu le temps des PCs.
Oui, c'est vrai, on continue à écrire sur le papier quand même, mais pour ce qui est de l'envoi d'un texte ou d'un roman, on en passe maintenant par le tapuscrit. En bonne informaticienne, je trouve ça super :) (Voyez, je ne fais pas que râler !)
Du coup, les écrivains tombent sous la coupe du traitement de texte. Alors, c'est très pratique, toutes ces histoires de mise en page, de correcteur orthographique, d'index, de haut et de pied de pages, mais quel que soit le logiciel, il trouvera toujours un moyen de vous prendre la tête, et ce malgré toute votre bonne volonté. Si, si. Je suis rédacteur technique, je sais de quoi je cause.
Il y a plein d'exemples. Tenez, le logiciel de traitement de texte que j'ai pour le boulot n'est capable de faire qu'une seule annulation (en tout et pour tout, un seul CTRL+Z). Et hier, il lui a pris l'envie de supprimer tous les logos (qui n'apparaissaient plus, forcément), sous un prétexte fallacieux bien entendu.
Autre exemple, mon préféré : le logiciel de mon PC personnel adore planter dès que j'insère un tiret cadratin (les tirets de dialogues.) Que ce soit avec un raccourci, un control+V, ou en passant par le menu "insérer des caractères spéciaux". Je vous assure, c'est gênant.
J'ai réinstallé deux fois le bousin. Et là, je touche du bois, il ne plante plus qu'occasionnellement. J'ai pensé à changer de logiciel de traitement de texte. Mais il fallait convertir le document, me retaper toute la mise en forme, un cauchemar. Oui, j'aurais pu le faire. Mais ça m'aurait pris mon dimanche, et le dimanche, j'écris.
Et puis, il y a l'histoire des petites habitudes. Votre bousin et vous, c'est devenu à la vie à la mort. Vous avez passé tellement de temps à bien ficeler votre modèle de document, à mettre vos raccourcis, à prendre le pli du mode révision, que vous n'avez pas envie de tout recommencer avec un autre qui trouvera bien le moyen de vous enquiquiner.
Je suis sûre qu'on a tous une petite anecdote sympa à raconter sur un traitement de texte. Et puis, quel logiciel n'a pas de bug, hein ?
J'ai lu quelques articles ces derniers temps, sur des blogs, ceux de QueenKelly, de Patricia Parry, et de notre Prince-Dragon.
Tous ces articles m'ont poussé à réfléchir sur l'élitisme dans l'écriture.
Ce que je place sous la coupe de l'élistisme dans l'écriture, c'est cette image qu'on donne de l'écrivain, cet être hors norme capable d'atteindre des sommets de perfection dans ses écrits. Je suis sûre que vous voyez ce que je veux dire : avoir du style, une personnalité hors norme qui transpire dans le texte, faire usage de mots longuets, connaître sur le bout des doigts le nom des figures de style, etc.
Attention, cet article n'a pas du tout pour but de s'enfoncer dans le cliché "Etre publié est un dû", non pas du tout. Pour être publié, il faut bosser dur sur ses textes (enfin bon, je sais, ça dépend aussi du degré de talent qu'on possède, ou de celui de son nègre), et les éditeurs ne choisissent pas seulement les meilleurs mais aussi ceux qui leur plaisent le plus. Moi je compare ça à mon shopping : quand je vais acheter un bouquin, je reviens avec trois (cinq) livres, mais je n'achète pas le magasin entier, ça me couterait trop cher. OK, je dérape.
Oui, il y a de l'élitisme dans l'édition, malgré ce qu'on en dit (merci pour Loana), parce qu'il y a un public derrière qui achète les livres et qui en veut pour son argent. Et c'est normal. Achèteriez-vous un pull avec une manche un peu plus courte que l'autre même si la couleur et le motif brodé au col sont ravissants ? Oui ?! Non !!! Pourtant vous avez bien au moins une fois acheté dans un supermarché un T-shirt pas mal, pas cher, un peu mode, mais qui vous plaisait bien (Loana?). (NB: je suis en mal de shopping. Désolée Béa, je n'ai pas réussi à caser Prada.) Il en faut pour tous les goûts, c'est un fait.
Ce qui m'attriste, c'est que l'écriture soit un peu formatée, il faut bien le dire. L'exemple des répétitions données par Patricia est flagrant. Il y a des fois où on écrit un texte et pour éviter moult répétitions, on s'embarrasse de circonvolutions pénibles. Qui nous dit que le lecteur, moins sensible à ces répétition,s ne préfèrerait pas une formulation simple dans certains cas ? Hein ? Ben pas grand monde.
Il arrive qu'un récit soit suffisamment complexe comme ça pour ne pas avoir à en rajouter (là, j'avoue que je râle à cause de mon roman, "La Course de la Lumière". Oui, c'est compliqué.)
Bêêêêê !
Ce qui m'attriste encore plus, c'est quand je lis des phrases, genre: "dans les blogs, il y a du bon, du moins voire du mauvais, bref le pire côtoie le meilleur !"
Casez le terme médiocrité ou tout autre terme témoignant d'un esprit présomptueux et qui a une très haute considération de lui-même, voire qui s'est auto-proclamé juge, et je bêle à m'arracher ma pauvre gorge (déjà bien malade, il faut le dire) !
Bêêêêê ! Bêêêêê ! Bêêêêê !
Oui, ça m'énerve. Ecrire un journal, partager ses passions, coucher sur papier (pc) ce qu'on pense ce qu'on ressent, les histoires qu'on invente, tout ça, ce n'est pas réservé à une élite. C'est ce qui s'appelle la liberté d'expression.
Je suis bien d'accord que le SMS, c'est pénible. Mais ce n'est pas pour autant qu'on doit dénigrer ce genre de blogs qui ont un public, rappelons-le. De même, ce n'est pas parce qu'on n'aime pas la fantasy qu'on doit la considérer comme un sous-genre. De même, ce n'est pas parce qu'un article a quelques problèmes de ponctuation ou de fautes d'orthographe que le fond ne vaut pas la peine de le lire. Rien ne nous oblige à nous pencher dessus de toute façon.
Il faut être tolérant. Tout le monde peut écrire, être passionné par l'écriture, sans forcément prétendre à avoir le niveau requis par le monde de l'édition. Le moteur, c'est le plaisir d'écrire, de raconter, et de partager, avec ceux qui sont intéressés.
Je suis fermement convaincue que tous les écrivains, oui tous, sans exception, même ceux qui sont enregistrés à l'académie française, même ceux qui en ont fait leur profession, écrivent pour cette raison, et pas pour parader dans les hauts de tableau, ou comparer avec leurs copains le nombre de mot à cinq syllabes qu'ils connaissent.
Pour conclure, voilà tout le fond de ma pensée: la prétention n'a rien à offrir.
Bien à vous,
Syven
ps: c'est steak en ce moment ^^














