C'est de pire en pire. Actuellement, mon activité littéraire s'est réduite à une peau de chagrin. En gros, à écrire des articles pour mon blog. De facto, je suis stressée.
En plus, hier j'ai marché sur Smoke. C'était de sa faute. en se mettant dans mes pattes, au lieu d'avoir ses croquettes plus vite, il s'est fait écrabouillé (et son bol d'eau a volé dans la pièce.) Après cela, il a refusé que je l'approche pendant quatre heures.
Voilà qui clôture un article de blog passionnant. Et très littéraire qui plus est. Admirez la vivacité de ma description ci-dessus.
Bon, c'est pas tout ça, mais y'a une doc technique qui m'attend.

C'était vendredi soir, à la nuit tombée au dîner. Dehors, la campagne du centre bretagne frissonnait dans la brume humide.
" Quand la tempête souffle, j'entends le vent dans les branches et j'ai toujours peur !" déclare Mamie entre deux bouchées.
" Il y a eu des dégâts dans le petit bois ?" demande Nereij, un peu inquiet.
"Non, mais là aussi, ils sont trop tassés, tu sais bien. Il y a des arbres morts. Et puis il faudrait nettoyer. Ah si Papi était là, ça serait fait. "
Quand Papi et Mamie sont revenus au pays, ils ont racheté une partie des terres de leurs familles, dont la chapelle et son bois, ainsi que le grand terrain qui s'évade au bas de la maison jusqu'au second bois. Le jardin est un genre de forêt paysagère où se mêlent de nombreuses espèces. Un arbre pour chaque enfant et petits enfants, un chêne prélevé jeune dans le champ du grand père de Mamie.
"Mais ils sont trop tassés, répète Mamie. Parce que quand on les a plantés, il y a avait de la place, mais maintenant qu'ils ont grandi, ils se gênent !"
C'est vrai. Ils sont un peu trop serrés. Mamie a dû en faire abattre quelques-uns qui dépérissaient, étouffés.
"Demain on ira voir les bois." propose Nereij. "Je peux en nettoyer une partie cet hiver et récupérer le bois mort pour le chauffage."
Mamie hoche la tête, contente.
Le lendemain matin, nous voilà donc partis à la chapelle. Des chasseurs ont parqués leurs voitures devant. Nous évitons d'y aller. Les roues ont sans doute creusé des ornières devant le bâtiment. Ils se sentent chez eux partout ces gens là. Mamie ne les aime pas. Le pli qui s'est creusé au coin de sa bouche vaut mieux que n'importe quel autre commentaire.
Le bois n'est pas encombré de ronces. Il y en a, mais on peut marcher de dans sans soucis. De minces frênes s'élancent vers le ciel, par groupes de deux ou trois. Certains sont parasités, d'autres morts. Il y a aussi des hêtres, des ormes et des chênes qui s'épanouissent, surtout en lisière.
Il faut traverser un champ pour atteindre le deuxième bois. Nous distinguons au loin les gilets orange des chasseurs. Quelques coups de feu parviennent à nos oreilles, aussi nous hâtons-nous.
Le deuxième bois, moins dense, se compose de bouleaux, et quelques chênes particulièrement beaux ont formé d'imposantes boules. Les arbres se clairsèment au bas de la maison, et nous rentrons au jardin, où tout est majestueux, comme dans une cathédrale.
Les arbres sont grands. Des sapins aux aiguilles tombantes sont doux à caresser. L'eucalyptus se balance docilement, agitant sa feuillure argentée ; l'érable a pris une couleur chatoyante et les chênes d'amérique se penchent sur les têtes. Je ne les trouve pas si serrés que ça, c'est juste que certains se touchent un peu. Ils sont si beaux.
Mamie qui avance à petits pas en s'appuyant sur son bâton connaît le nom de chacun, se désole pour ceux qu'elle a du couper, pointe les branches qu'elle va faire tailler, et répète :
"Ils étaient tout petits. Le jardinier me dit toujours qu'on aurait du faire un plan. On ne les a pas assez écartés."
Mamie aime ses arbres. Les nuits de tempête, elle tend l'oreille, avec la crainte que l'un d'eux ne tombe, et au petit matin, elle fait un tour, pour tous les compter.
Hier soir, après une quête épique de résultats d'analyse dispersés entre plusieurs laboratoires brestois (ma chance ne se tarira jamais), j'ai eu le temps, enfin, de rendre visite à ma librarie préférée. Plus d'un mois sans la voir, quel enfer ! (Sauf pour ma carte bleue, il est vrai.)
Ainsi que m'avait prévenue mon amie Dulkera d'Outremonde, sacrilège ! le rayon SFF a déménagé pour le rez-de-chaussée. Notez, à l'origine, j'étais venue pour farfouiller dans un rayon tout à fait différent, avec une mission bien particulière, mais une fois dans mon rayon préféré, je l'ai complètement oubliée.
Là, j'ai été un peu déçue par les ouvrages mis en avant. Seul Chasseurs de sorciers de Martha Wells m'a interpellé (feuilletez-le, la première page est sublime.) Mais voilà, c'est le premier volet d'une trilogie. De facto, je vais attendre un peu avant de me porter acquéreuse. Non, parce qu'entre les séries de Hobb, les BDs, GeMS (achetez achetez achetez !), et d'autres, ma patience est rudement mise à l'épreuve.
Donc, j'abandonne le livre (à regret), et je fouille dans les rayons, caressant la vague idée d'acheter un Pratchett, et surprise ! Le long des sentiers obscurs d'Alexis Lorens. Je savais que son bouquin était disponible dans cette librairie, mais il était sorti de mon esprit (Je suis allée sur son site, mais je n'ai pas trop lu, j'ai horreur des 4eme de couv' et des critiques qui révèlent le texte comme vous le savez).
J'ai donc lu la première page, qui m'a plu. Faut dire que ça commence sur la mer, et que je viens de lire avec délectation les pirates de San Francisco de Jack London (un régal), alors j'ai été séduite. Bon, je sais qu'après l'époque change (un coup d'oeil, mais rapide-rapide, au 4eme de couv'), ce qui n'est pas sans me rappeler en quelque sorte l'Ombre de Monfort de Patricia Parry qui m'avait beaucoup plu.
Je n'ai pas de photo de Smoke posant avec le bouquin. Il boude, il a une conjonctivite (le chat, pas le livre !)
Si j'arrive à me le faire dédicacer (le livre, pas le chat!) par son auteur, je forcerai sa majesté à faire un effort. Je ne lui demande pas grand chose en échange de sa gamelle tout de même !
Aujourd'hui, j'ai envie de parler d'une maison d'édition qui m'a tapé dans l'oeil : les éditions du Navire en pleine ville.
Bon, OK, a priori, ce n'est pas ma cible éditoriale. En effet, cette maison vise un public jeunesse, mais aussi jeunes adultes. D'ailleurs, Irene Delse a écrit et publié chez eux un roman qu'elle avait écrit pour un public adulte.
Bref, revenons-en au navire en pleine ville. Déjà, le site est magnifique. Jetez un oeil. Musique, information, présentation des collections, des auteurs, tout y est. Avec aussi des photos de l'équipe en train de faire la fête. Bref, je le trouve emprunt de personnalité ce site. Et puis j'aime beaucoup le ton du contenu.
Voilà la collection qui me guigne de l'oeil :
Une collection de romans d’aventure inédits et hauts en couleurs, alliant la rigueur de l’écriture et de la construction au plaisir d’une intrigue haletante menée par des héros attachants et complexes.
(c'est tout la Course de la Lumière ça, croyez-moi sur parole ;) )
Ensuite, l'éditrice a un blog dans lequel elle raconte son métier. Sympathique, non?
Bref, je l'ajoute dans ma liste. ;)
Ah l'amour ! C'est presque une bête sauvage, aussi difficile à comprendre qu'à approcher. Et qui se décline à l'infini... Je l'avoue sans honte. L'amour est au coeur de ma trilogie "Au Crépuscule du Cinquième Cercle."
Il y a l'amour dévôt, celui porté aux êtres supérieurs, l'amour inconditionnel où l'être aimé ne perd jamais, l'amour interdit, celui qui ne devrait pas être, l'amour sacrificiel où l'on donne jusqu'à sa vie sans hésiter, l'amour déçu aussi, où jamais l'on ne gagne le coeur de l'autre. Et le non-amour, celui qui n'en connait pas le goût.
Bien sûr, exposé brut de la sorte, cela paraît très cliché. Tout dépend du traitement dans le texte lorsque ces amours sont déclinés avec des personnalités. Sans amour, la Course de la Lumière serait une simple succession de rebondissements sans âme. Il ne s'agit pas que de relations humaines ou amoureuses, les créatures fabuleuses sont impliquées. Ces dernières incarnent un amour idéal auquel on pourrait aspirer. Encore plus cliché, n'est-ce pas ?
Dans cet article d'André Martel est cité Maupassant, qui a écrit que le lecteur aimerait lire ce qui rentrera en adéquation avec ses goûts et désirs immédiats, concluant par ceci :
Seuls, quelques esprits d’élite demandent à l’artiste : Faites-moi quelque chose de beau, dans la forme qui vous conviendra le mieux, suivant votre tempérament.
J'ai trouvé cette réflexion édifiante. J'en suis arrivée à la conclusion que je cherche à magnifier mes personnages au travers de leur amour. Aucun n'est parfait. Mais la façon dont ils expriment cette facette de leur personnalité est ce qui leur donne grâce à mes yeux, ce que j'ai essayé de rendre "beau".
Mais arriverai-je pour autant à toucher les lecteurs ? Y prendront-ils goût ? (Je n'ose même pas évoquer l'élite.) Rien n'est moins sûr.













